USA: La Cour suprême décide de protéger le premier amendement - 1 Scandal
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USA: La Cour suprême décide de protéger le premier amendement


Dans une décision de 8 contre 1, la Cour suprême des États-Unis a rappelé à une nation qui semble avoir oublié la liberté d’expression l’importance du premier amendement.

Le juge Stephen Breyer a rédigé une décision réfléchie refusant aux écoles publiques le pouvoir de discipliner des lycéens pour avoir parlé de la façon dont les lycéens ont tendance à parler entre eux en dehors de l’école. Une pom-pom girl de 14 ans avait commis l’erreur d’envoyer une diatribe à quelques amis, dont la mère était entraîneur.

Il ne s’agissait pas d’une décision générale qui donnait aux élèves le droit de dire ou de faire n’importe quoi en dehors de l’école. Elle se limite aux cas où les élèves sont sanctionnés pour avoir fait des déclarations qui seraient généralement protégées par le premier amendement et qui n’affectent pas de manière significative la mission éducative de l’école. Elle ne s’appliquerait pas, par exemple, à l’intimidation ou à d’autres discours nuisibles qui auraient un impact sur les autres élèves.

La signification de cette décision va bien au-delà de la pom-pom girl et de ses gestes et paroles juvéniles.

Elle envoie un message fort : la Cour suprême continue de protéger les discours offensants, même si les grandes entreprises technologiques, les universités et de nombreux progressistes ont tenté de justifier la censure généralisée des discours qu’ils désapprouvent. « La liberté d’expression pour moi, mais pas pour toi » est devenue un mantra commun de la gauche dure et des institutions qui s’inclinent devant les éléments les plus radicaux de notre société.


Dans un livre récent, intitulé The Case Against the New Censorship : Protecting Free Speech from Big Tech, Progressives and Universities, j’ai soutenu que la forme la plus dangereuse de la censure contemporaine ne vient pas du gouvernement, mais plutôt de parties privées qui ont elles-mêmes le droit, en vertu du premier amendement, de censurer les discours avec lesquels elles sont en désaccord.

En d’autres termes, nous assistons à une attaque non pas contre le Premier amendement lui-même, mais plutôt contre la culture de la liberté d’expression que le Premier amendement est censé protéger.

Bien que l’affaire des pom-pom girls ne concerne qu’une école publique, ses implications vont au-delà du gouvernement.

De nombreuses universités privées, par exemple – comme Harvard, où j’ai enseigné pendant 50 ans – ont proclamé haut et fort que, bien qu’elles ne soient pas techniquement liées par le premier amendement, elles le suivent à la lettre. Il sera intéressant de voir si ces écoles privées cesseront désormais de sanctionner et de refuser l’admission d’étudiants et de candidats sur la base de déclarations qu’ils ont faites sur les médias sociaux.


Aujourd’hui, de nombreuses institutions de ce type punissent les étudiants et les candidats pour des déclarations sur les médias sociaux qu’ils ont pu publier lorsqu’ils avaient le même âge que la pom-pom girl. Les sanctions ne sont pas non plus toujours fondées sur des normes neutres ou objectives. Elles tendent à être imposées bien davantage aux étudiants conservateurs qui ont violé les normes du politiquement correct de la gauche. Elle est rarement, voire jamais, imposée aux étudiants de gauche, en particulier aux étudiants de couleur, qui font des déclarations profondément offensantes pour les conservateurs et/ou les hommes blancs hétérosexuels.


La portée constitutionnelle du premier amendement permet une telle punition sélective par des institutions privées, mais pas la culture de la liberté d’expression.

Le juge Louis Brandeis a correctement souligné il y a un siècle : « Le gouvernement est le puissant, l’enseignant omniprésent… », auquel on peut ajouter : « et la Cour suprême en est le doyen ».

Lorsque le gouvernement supprime la parole, la leçon est apprise et souvent imitée par d’autres institutions. C’est particulièrement vrai pour nos écoles publiques qui, comme l’a souligné le juge Stephen Breyer, sont les pépinières de notre Constitution.

Étonnamment, le juge Clarence Thomas était le seul dissident. On peut généralement compter sur lui pour défendre la liberté d’expression et d’autres valeurs constitutionnelles fondamentales, en particulier contre les attaques partisanes et sélectives de la gauche. Mais Thomas est un originaliste qui interprète la Constitution conformément à l’intention des rédacteurs, et il a conclu – à tort selon moi – que les rédacteurs accordaient une plus grande valeur à la discipline scolaire qu’à la liberté d’expression des étudiants.

Le point important, cependant, est que huit juges – trois libéraux et cinq conservateurs – se sont rangés du côté du Premier amendement contre les revendications des autorités scolaires.

Voyons donc comment ces nouveaux censeurs réagissent à cette nouvelle décision.


Alan M. Dershowitz

Gatestone Institute


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