Quand la reconnaissance faciale avance masquée - 1 Scandal
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Quand la reconnaissance faciale avance masquée


Vers la généralisation de la reconnaissance faciale pendant les JO2024?

Malgré les doutes sur sa fiabilité et sur ses risques pour la vie privée et les libertés civiles, le gouvernement français semble bien décidé à favoriser le développement de la reconnaissance faciale. Il faut dire que l’Hexagone possède plusieurs champions positionnés sur ce créneau, parmi lesquels Thales, Idemia, Atos, Capgemini ou encore Dassault Systèmes.

La cellule investigation de Radio France s’est penchée sur les utilisations de cette technologie controversée en France – dans des villes comme Marseille, Nice ou Metz – et sur le juteux marché qui se profile à l’horizon : celui des Jeux olympiques de 2024.

Dans cette perspective, la préfecture de police de Paris a lancé un test à grande échelle en partenariat avec Idemia… à Singapour, parce que les techniques en question sont interdites en France.

On pourrait voir en 2024 sur les sites des JO des files différenciées, plus rapides si l’on accepte de donner son consentement à la reconnaissance faciale. La présidente de la Commission nationale informatique et libertés (CNIL), interrogée par Radio France, envisage même une exemption générale à l’obligation de consentement pendant la période des Jeux.


Imaginez : le 26 juillet 2024.

Les Jeux olympiques de Paris débutent. Une foule compacte se presse devant les grilles d’entrée du Stade de France. À l’entrée sud, une file semble avancer plus vite que les autres. En effet, certains spectateurs ont accepté que leur visage soit scruté et analysé par des caméras afin d’accéder plus rapidement aux lieux. C’est-ce que l’on appelle la comparaison faciale.

Ce futur hypothétique se prépare en France.

Plusieurs expérimentations de ce type ont déjà eu lieu ou sont programmées. Avec une question centrale, celle du consentement des personnes.

En 2020, en France comme en Europe, la reconnaissance faciale en temps réel sur la voie publique n’est pas autorisée. Depuis 2012, seule la reconnaissance a posteriori est permise, notamment par la police, à l’aide du fichier de traitement des antécédents judiciaires (TAJ).


“Les habitants sont sous-informés sur ces questions-là”

Pour le journaliste Olivier Tesquet, c’est par ces différentes expérimentations dans les communes que le terrain se prépare :


“Ces municipalités se sont transformées en showrooms sécuritaires, analyse-t-il. À Valenciennes, Huawei offre des caméras de vidéosurveillance à la commune. À Nice et à Marseille, c’est l’américain Cisco qui a approché la région Paca pour l’installation de portiques de reconnaissance faciale à l’entrée des lycées. Le problème, c’est qu’il n’y a pas d’appel d’offres, et les habitants sont assez cruellement sous-informés sur ces questions-là.”

Le consentement : une question centrale

Au-delà de ces expérimentations temporaires, limitées ou retoquées, la loi autorise tout de même de faire de la reconnaissance faciale dans certains cas.

Le ministère de l’Intérieur développe actuellement une application d’identité numérique pour smartphones, Alicem. Reliée à FranceConnect, elle doit permettre, par comparaison faciale, d’ouvrir un compte pour renouveler ses papiers à distance (carte grise, permis de conduire, carte d’identité numérique, etc.).

Cette technologie est déjà présente sur de nombreux appareils pour les déverrouiller. Mais est-elle vraiment sûre ?

“Pour lutter contre l’usurpation d’identité, on a de la reconnaissance faciale, mais également ce qu’on appelle de la reconnaissance du vivant, rassure Jérôme Letier, directeur de l’Agence nationale des titres sécurisés. On demande aux gens de bouger, pour être capable de distinguer une simple photographie ou un montage grossier du véritable visage de la personne.”

Le développement de l’application a pu être autorisé car elle ne fonctionne qu’avec le consentement de l’utilisateur : si vous utilisez Alicem, cela veut dire que vous en acceptez le principe.


Source : https://www.franceculture.fr/


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