Le spécialiste iranien de la torture bientôt louangé par les médias - Scandal
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Le spécialiste iranien de la torture bientôt louangé par les médias


Ce psychopathe est en passe de devenir le prochain président en Iran.

PAR JEAN-PATRICK GRUMBERG LE 16 JUIN 2021

C’est par un après-midi étouffant de juillet 1983 que plus d’une douzaine de membres du Corps des gardiens de la révolution iranienne ont frappé à la porte de la tante de Farideh Goudarzi, armes au poing.

Enceinte de neuf mois, la jeune femme de vingt et un ans pouvait à peine courir, et encore moins marcher. Surveillée pour ses activités d’opposition et la distribution de tracts contre le régime, Farideh Goudarzi ne pouvait que se soumettre.

« On m’a emmenée dans une salle d’interrogatoire d’environ trois mètres sur quatre, avec une table au milieu, utilisée pour fouetter les prisonniers », raconte-t-elle.

« Le sol était couvert de sang. Je ne savais pas alors qu’une grande partie de ce sang frais provenait de mon mari, qui avait disparu deux jours plus tôt. »

Bien qu’elle soit à quelques jours de donner naissance à son premier enfant, Goudarz se souvient d’avoir été sauvagement fouettée avec des câbles électriques sur presque chaque centimètre de son corps, et d’avoir reçu des gifles si violentes sur le visage qu’elle souffre encore aujourd’hui d’arthrite de la mâchoire et de douleurs fulgurantes.


« Environ huit hommes étaient là pour me fouetter. Mais je me souviens surtout d’un homme – il était jeune, il avait peut-être 21 ou 22 ans, avec une chemise sombre sur son pantalon. Il se tenait dans un coin et regardait les autres hommes me flageller et me fouetter », a déclaré Goudarzi, aujourd’hui âgé de 59 ans.

« Il avait l’air d’aimer ça. Cet homme était Ebrahim Raisi. »

L’homme en question, aux yeux ivres de plaisir devant les tortures infligées à cette femme enceinte, Ebrahim Raisi, est destiné à devenir le président de la République islamique d’Iran.

Et les médias, vos médias, les télévisions du monde occidental, le présenteront comme un modéré, un respectable « conservateur » – c’est le mot que les journalistes islamo-gauchistes emploient pour décrire les dirigeants islamistes – et ils omettront de mentionner son passé : les médias veulent que le grand public pense que l’Iran est un pays musulman comme les autres, et ne sache pas qu’il est le premier sponsor du terrorisme mondial, sans quoi il ne comprendrait pas pourquoi leurs présidents font des ronds de jambe aux dictateurs iraniens.

Les concurrents possibles du favori, Ebrahim Raisi, ont tous été interdits de se présenter à l’élection du 18 juin, que certaines voix dans la diplomatie internationale a qualifiée de farce – mais depuis la farce des élections de 2020 en Amérique, de 2021 en Israël, de 2017 en France, pour ne citer que celles qui nous sont proches, plus personne n’attend d’un pays islamique qu’il soit plus intègre que les Occidentaux.

Les sept autres candidats sont pour la plupart inconnus de la population, ils ne sont pas soutenus par l’Ayatollah Khamenei ni le Corps des gardiens de la révolution islamique, et ne sont pas considérés comme représentant une menace électorale pour Raisi.


Même après avoir accouché, Goudarzi est restée plus de six mois en isolement avec son bébé, souffrant de malnutrition, avant d’être condamnée à mort.

Elle a passé six ans derrière les barreaux à Hamedan, et son mari a été pendu dans la cour de la même prison.

Le très honorable et très présentable Raisi, âgé de soixante ans, occupe actuellement le poste de chef du pouvoir judiciaire iranien. Il a été nommé par Khamenei, en partie par sa prédisposition, son goût pour la torture des opposants.

Plus de 5000 personnes massacrées, torturées, tuées selon les instructions et sous la supervision de Raisi.

Goudarzi n’est pas la seule à conserver dans sa chair les douloureux souvenirs du tortionnaire Raisi.

1. Mahmoud Royaie, cinquante-neuf ans, est né dans une famille de la classe moyenne de Téhéran. A l’âge de quinze ans, le Shah est renversé, il se retrouve dans la politique, dans l’opposition. Le 30 août 1981, alors qu’il marche dans la rue, il est traîné par les autorités et emmené dans une salle de torture et d’interrogatoire.

« On nous a fait rester debout dans le couloir, et tout ce qu’on pouvait entendre, c’était les cris de ceux qui étaient torturés – je me souviens des cris des femmes qui étaient fouettées et violées. Je n’avais jamais rien entendu de tel. »

Royaie se souvient d’avoir été jeté face contre terre, les mains et les pieds liés, les yeux couverts d’un épais bandeau noir. Lorsque les coups de câble devenaient trop atroces, on lui enfonçait dans la bouche un tissu imbibé de sang.

« Les câbles étaient de différentes épaisseurs – les gardes savaient exactement lesquels pouvaient vous électrocuter, lesquels pouvaient vous brûler. Ils étaient très habiles dans ce qu’ils faisaient », explique Royaie.

Il a finalement été condamné à dix ans de prison.

« Dès mon arrivée en prison, les autorités m’ont rasé la tête et les sourcils et m’ont forcé à les manger. Tout cela s’est passé sous Ebrahim Raisi. »

2. Nasrallah Marandi, détenu dans les prisons d’Evin, de Ghezel Hesar et de Gohardasht de 1981 à 1991, a raconté lors d’une récente conférence de presse que le 6 août 1988, des gardiens l’ont transféré de l’isolement cellulaire au couloir principal de la prison de Gohardasht, appelé « le couloir de la mort ».

« Lorsque j’ai été emmené dans le couloir de la mort, les deux côtés du couloir étaient remplis de prisonniers qui attendaient d’être emmenés à la Commission de la mort… Beaucoup d’entre eux étaient mes amis, et il était environ midi lorsque j’ai été emmené à la Commission de la mort. »

Marandi a déclaré que Raisi était présent, précisant :

« il jouait un rôle actif dans l’exécution des prisonniers et il approuvait les certificats de décès. Après quelques minutes, j’ai été renvoyé dans le couloir de la mort, et le même jour, plusieurs de mes amis ont été exécutés par Raisi et d’autres membres de la Commission de la mort. »

« Après avoir signé la sentence de mort, Raisi s’est rendu dans la salle d’exécution pour procéder et superviser les exécutions. »

Il a ajouté que la Commission de la mort n’épargnait ni les malades mentaux ou physiques, et les prisonniers étaient tués, quel que soit leur âge.

« Ils ont exécuté tout le monde, et à l’automne 1988, seul un petit quartier de la prison de Gohardasht, appelé quartier 13, regroupait tous les prisonniers politiques qui avaient survécu au massacre », a déclaré Marandi.

3. Kaveh Nasari souffrait d’épilepsie grave, et il s’est retrouvé paralysé à la suite de graves tortures. Un témoin explique :


« Nasari a été attaqué à cause de son épilepsie. Ils avaient l’habitude de lui frapper la tête et le visage sur le sol, ce qui faisait que son visage était toujours blessé. Le 9 août 1988, Nasari a été emmené dans le couloir de la mort. Il a eu une crise d’épilepsie, mais Raisi l’a quand même condamné à mort. Le même jour, bien qu’il ait purgé l’intégralité de sa peine, Nasari a été exécuté. »

Royaei a encore déclaré :

« Beaucoup des prisonniers étaient étudiants au moment de leur arrestation. Certains n’avaient que 15 ou 16 ans. Après sept ans de tortures brutales, ils ont été pendus après que Raisi ait signé leur verdict de mort. »

4. Shaparak Shajarizadeh, une militante des droits des femmes, vit aujourd’hui en exil au Canada après avoir été condamnée à 20 ans de prison et battue violemment pour avoir protesté contre le port obligatoire du hijab. Elle a déclaré, à propos de la candidature de Raisi :

« Ce ne sont pas de bonnes nouvelles, et nous savons que la situation des droits de l’homme ne va pas s’améliorer en Iran – en fait, elle empire.

Si vous voyez les sentences, les verdicts et les procès, vous verrez que Raisi est pire que le précédent président. Avoir Raisi comme chef du pays pour les Iraniens, c’est comme « qu’est ce qu’il se passe ? ».

Il est l’un des architectes des violations des droits de l’homme en Iran et ce sont des gens comme lui qui devraient être jugés, pas les défenseurs des droits de l’homme. »

5. Hamid Bahrami est un autre des milliers d’Iraniens qui ont souffert aux mains du régime. Il affirme avoir été enfermé comme un chien pendant des semaines dans les cachots du régime iranien après avoir filmé une manifestation en Iran.

Hamid a été emprisonné dans une section d’Alf Ta, la prison centrale d’Ispahan également connue sous le nom de prison Dastgerd d’Ispahan, le 17 février 2014, où il a subi un traitement horrible pendant son séjour.

Il a été maintenu à l’isolement pendant toute sa peine, privé de nourriture, de lumière de sommeil avec seulement de l’eau à boire.

Son surnom : « l’Ayatollah de la mort »

« Raisi est le protégé de l’ayatollah Khamenei, le guide suprême de l’Iran, qui lui fait confiance pour protéger et étendre son propre héritage révolutionnaire », explique Jim Phillips, chargé de recherche principal pour les affaires du Moyen-Orient à la Heritage Foundation.

« C’est un violeur en série des droits de l’homme qui a été impliqué dans des massacres de dissidents politiques en 1988, lorsqu’il a joué un rôle important dans un comité qui a condamné à mort des milliers de prisonniers politiques. »

En 1988, Raisi était l’une des quatre personnes – un groupe surnommé plus tard le « comité de la mort » – sélectionnées par l’Ayatollah Khomeini pour exécuter une terrible fatwa : exécuter plus de 30.000 prisonniers politiques.

Au moins 5 000 personnes ont été tuées, dans ce qui est considéré comme l’exécution la plus sanglante jamais enregistrée en Iran. Raisi était aux manettes.

« En tant que partisan de la ligne dure, M. Raisi se consacre à la défense de l’idéologie répressive et islamiste de la République islamique », précise Jordan Steckler, analyste de recherche pour United Against Nuclear Iran.

Ali Safavi, un responsable du comité des Affaires étrangères du CNRI, basé à Paris, a déclaré à Arab News :

« La présidence attendue d’un meurtrier de masse comme Raisi met à nu la nature réelle et maléfique de la théocratie médiévale au pouvoir en Iran.

Pendant plus de quatre décennies, les puissances occidentales ont dissimulé l’apaisement des mollahs sous le vernis du renforcement des illusoires modérés, au détriment du peuple iranien, de la paix et de la stabilité régionales.

Cela n’est plus justifiable. Le temps est venu pour la communauté internationale de défendre les valeurs qu’elle prétend défendre, de dénoncer le simulacre d’élection et de tenir le régime iranien et ses dirigeants criminels, comme Raisi, responsable de nombreux crimes contre l’humanité. »

https://www.arabnews.jp/en/middle-east/article_48103/

Le 3 juin dernier, Hadi Ghaemi, directeur exécutif du CHRI, le Centre pour les droits de l’homme en Iran, a déclaré dans un communiqué :

Le candidat à la présidence iranienne Ebrahim Raisi devrait faire l’objet d’une enquête pour crimes contre l’humanité.

Raisi est un pilier d’un système qui emprisonne, torture et tue des personnes pour avoir osé critiquer les politiques de l’État.

Au lieu de se présenter à la présidence, il devrait être jugé par un tribunal impartial et être tenu responsable de son rôle dans les exécutions extrajudiciaires de milliers de prisonniers », a ajouté Ghaemi.


ean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.


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