Opinion

Le conservatisme est le défenseur des libertés


Il ne faut pas confondre la conspiration ourdie par une secte mondiale et mondialiste dont l’hypothèse serait immédiatement taxée de complotisme et disqualifiée, et l’opportunisme pervers qui saisit une situation et les problèmes qu’elle engendre pour s’en servir en vue d’autres objectifs sans rapport direct avec elle.

Cette supposition n’est pas fondée sur l’existence éventuelle d’un complot, mais sur une lecture raisonnable et peut-être clairvoyante des faits. Dans la lutte essentielle entre le conservatisme et le progressisme, en Occident, et j’inclus la Russie, il y a une possibilité que la survenue de la “pandémie” du Covid soit exploitée par les progressistes d’une manière machiavélique. Aux Etats-Unis, c’est même une évidence, puisque c’est cet événement imprévu qui a inversé la situation politique. La politique de Trump donnait d’excellents résultats économiques et notamment réduisait encore davantage le chômage, décisif auprès des électeurs, comme Bush senior en avait fait l’amère expérience.

L’Etat profond, la quasi totalité des médias et les démocrates s’étaient enlisés dans des combats fictifs sur l’ingérence russe, ils trouvèrent un terrain idéal pour terrasser le président sortant : en même temps que les chiffres économiques s’inversaient, d’une manière non catastrophique d’ailleurs, l’esprit virevoltant de Donald Trump fournit à ses adversaires un millefeuille d’arguments : il était incompétent, plus dangereux que protecteur, adversaire de l’”obamacare” dont l’épidémie montrait à quel point elle manquait aux Américains.

Derrière cette offensive se profilaient les deux faces du progressisme, son côté social-démocrate, soucieux du bien-être de tous, y compris de ceux qui viendront de l’étranger le partager, quitte à limiter certaines libertés, et son côté libéral-libertaire, moins visible mais plus déterminant que l’autre, celui qui cultive la négation du passé, abat les statues et change le nom des rues, invite la majorité à se prosterner devant les droits des minorités, considère enfin que la liberté ne consiste pas à pouvoir conserver la manière de vivre que l’on aime, mais à s’émanciper de tous les préjugés, de toutes les traditions, de toutes les identités, de tous les interdits qui limitent l’expansion du désir. On pourrait évidemment ajouter la facilité accordée par la peur du virus au vote par correspondance et aux fraudes qu’il permet, mais celle-ci n’est pas nécessaire à la démonstration.

De la même manière, on voit bien qu’en Europe et particulièrement en France, la peur entretenue et l’état d’exception ainsi justifié ont permis d’étouffer le débat démocratique. Les manifestations sont découragées, le Parlement méprisé, les critiques atténuées voire ignorées par l’emprise du risque sanitaire sur l’ensemble de l’actualité. Le temps passe, et les élections municipales noyées dans la maladie, les élections régionales mises entre parenthèses médiatiques, on s’achemine vers une présidentielle laissant aux prises les candidats de la dernière fois avec le même résultat que l’on peut craindre. L’opposition n’a guère changé, et certains pensent même que l’élection présidentielle étant jouée, ce seront les législatives qui seront décisives.


Lorsque l’histoire se répète, la première fois, c’est une tragédie, la seconde une comédie, comme le pensait Marx. Mais c’est en lisant Marx justement que l’opposition se libérerait de ses ambigüités. “Ce bouleversement continuel de la production, ce constant ébranlement de tout le système social, cette agitation et cette insécurité perpétuelles distinguent l’époque bourgeoise de toutes les précédentes.” Autrement dit, le libéralisme sans frein est destructeur, parce que la concurrence, les progrès scientifiques et techniques, se liguent pour détruire tous les obstacles qui leur résistent.

Il est donc logique que le libéralisme apparemment conservateur, attaché à la propriété privée et à la liberté d’entreprendre, soit devenu au fil du temps libéralisme libertaire, destructeur de la famille, de l’Etat-nation, des limites qui protègent les peuples et les personnes.

Il est aussi logique que directement et indirectement, le pouvoir économique s’impose au pouvoir politique avec la complicité de celui-ci. Le résultat avait été prévu par Tocqueville : d’une part, un pouvoir mondial tentaculaire avec une minorité capable de tout contrôler et peut-être de s’accaparer la naissance d’un “surhomme” augmenté, et d’autre part, une foule de consommateurs hédonistes concentrés sur leur présent, libres jouisseurs en apparence et dépourvus d’autonomie et de responsabilité en réalité.

La phase actuelle dans notre pays qui associe une diminution des libertés, un surcroît d’assistance fondé sur une source présentée comme inépuisable, et l’idée que l’Europe par sa taille saura nous en donner les moyens, le tout suivi de la réélection de Macron, s’inscrit dans ce processus. Les lois qui restreignent les libertés au nom de la sécurité ou qui détruisent les barrières morales en matière de procréation au nom du progrès en sont des jalons significatifs.

Le conservatisme consiste au contraire, au nom de la véritable liberté à dire non à cette fatalité, à procéder à des choix, et à promouvoir les options qui donnent à la responsabilité des personnes, à la volonté des peuples la maîtrise de leur destin et la préservation de leur dignité, notamment la conservation de leur morale commune, ce qu’Orwell appelait la “common decency”. Il est fascinant que par un chassé-croisé de l’histoire ce soit la Russie ou la Hongrie qui offrent des exemples de ce choix. L’actualité offre également au conservatisme de nombreux arguments…

Jamais sans doute depuis deux siècles, la Restauration en France et la Sainte Alliance en Europe, le romantisme dans la littérature et les arts, l’opposition entre l’attirance d’un futur qui a révélé ses risques avec la tourmente révolutionnaire et la nostalgie d’un passé qui allait jusqu’à idéaliser le Moyen-âge, n’a été aussi vive qu’aujourd’hui.

A ceux qui avec Macron ne cessent de répéter qu’il faut être en marche pour “aller plus loin”, désormais beaucoup voient l’avenir avec l’humour désenchanté de Pierre Daninos : “hier, nous étions au bord de l’abîme, mais depuis, nous avons fait un grand pas en avant.” La pandémie surévaluée et surexploitée dans les démocraties que leur population vieillissante expose davantage a fourni les motifs et les moyens du progressisme.

La bataille a été livrée par chaque Etat, mais la Commission bruxelloise ayant procédé à des achats massifs de médicaments inopérants et dangereux, et les Etats en dehors des compétences et du fonctionnement de l’UE, ayant pratiqué la solidarité hospitalière, il est aujourd’hui réclamé une Europe de la santé, qui commence à fonctionner pour les commandes et les distributions de vaccins, afin d’obtenir les prix les plus bas.


Comme le système montre les signes habituels du monstre bruxellois, lourd et procédurier, le vilain petit canard hongrois a acheté le vaccin russe. Le “quoi qu’il en coûte” macronien creuse le déficit et la dette en même temps qu’il anémie davantage encore notre économie et transforme nombre de travailleurs en assistés. Peu importe puisque cela accélère la fracture du monde entre les premiers de cordée, hommes et entreprises qui vont survoler la crise, et ceux qui ne sont rien pour lesquels se profile à l’horizon le mirage du revenu universel, envisagé notamment dans le “boboland” parisien.

Le travail, l’effort, le mérite, la valeur de l’argent se dissipent dans un brouillard d’où l’on ne sortira qu’avec plus d’Europe, un budget pour la zone euro, et un transfert accentué de souveraineté. C’est Einstein qui disait :” La folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent.”


Une Europe où les peuples abandonnent la maîtrise de leur destin, où la majorité des hommes perdent l’autonomie et la dignité qu’ils possédaient par le plein-emploi, où leur vote est privé de toute signification, où le continent lui-même après avoir dominé et éclairé le monde en est réduit à jouer les maisons de retraite ou les complexes touristiques, et dont la population est peu à peu remplacée, en même temps qu’elle est invitée à la repentance pour une époque qu’elle n’a pas connue, est-ce là notre avenir radieux ?

Cependant, malgré le bâillon qu’une véritable dictature sanitaire impose à l’opinion publique, des craquements se font entendre, des fissures apparaissent. Face à la difficulté de se procurer les produits qu’impose dans l’urgence une crise, la relocalisation de certaines productions et des savoir-faire disparus creuse une brèche dans la mondialisation heureuse.

Le virus, pour circuler, ayant bel et bien besoin d’un passeport pour celui qui en est porteur, les frontières renaissent et les rictus macroniens s’éteignent. Ces frontières désuètes seront bien utiles pour arrêter l’invasion des clandestins camouflés en demandeurs d’asile si possible mineurs jusqu’à 40 ans, et non accompagnés, bien que venus en masse.

Le séparatisme est devenu un risque suffisamment évident pour qu’au-delà des lois timorées, l’idée d’une remigration de l’excédent migratoire soit aujourd’hui délivrée de la censure. La contradiction la plus criante du progressisme se situe dans l’illusion écologique.


D’une part la protection de la nature appelle à limiter la mondialisation, et l’intense circulation des marchandises, mais d’autre part, les pastèques, ces gauchistes repeints en vert, sont systématiquement partisans de tout ce qui remet en cause l’existence d’une nature humaine, avec ses sexes bien définis, avec son besoin d’identité, cet enracinement dont Simone Weil pensait qu’il était ” le besoin le plus important et le plus méconnu de l’âme humaine”. La grande peur du réchauffement climatique n’a guère de prise dans une France qui est pour une fois le bon élève grâce au nucléaire. Néanmoins, à la sortie de la terreur sanitaire, elle sera à nouveau utilisée pour cacher aux Français les vrais périls qui les menacent, le déclin économique, la décadence civilisationnelle, l’extinction démographique.

Le conservatisme c’est aujourd’hui non pas la conservation des routines et des privilèges, des mauvaises habitudes nationales, mais au contraire la volonté de conserver et même de restaurer cette maîtrise de notre destin et de notre identité, sans laquelle il n’y a pas de peuple, et donc pas de démocratie, pas de liberté souveraine de décider de notre avenir en préservant la liberté d’être soi. Être conservateur, c’est résister, et la résistance est le chemin de la liberté.

CHRISTIAN VANNESTE
DÉPUTÉ HONORAIRE – PRÉSIDENT DU RPF – PRÉSIDENT D’HONNEUR DE FAMILLE ET LIBERTÉ
https://www.christianvanneste.fr/


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