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La proximité entre rituels sataniques et mouvements néonazi: un sujet désormais verrouillé par les médias

L’enquête de Paris-Match qui a fait péter les plombs aux « bien-pensants ».


En avril 1997, le magazine Paris Match N°2497 publiait l’interview du journaliste Bruno Fouchereau par Michel Peyrard. Il s’agit là de l’affaire Alliance Kripten. Il serait aujourd’hui impensable ou tout simplement impossible de lire de telles choses dans un média grand public tant les rédactions ont été verrouillées.

Les quelques journalistes actuels ayant encore une once d’intégrité, terrorisés à l’idée d’être catalogués par leurs confrères « bienveillants » de « complotistes ».

Les réseaux pédophiles tels que les a révélés l’affaire Dutroux sont parfois patronnés par des sectes d’inspiration satanique. Elles se livrent sur les enfants que leur procurent des rabatteurs à des rituels sadiques qui peuvent aller jusqu’à la mise à mort. Ces horreurs ont été vécues par le jeune Samir, enlevé à Paris par la secte Kripten. Elles sont rapportées en détail dans un livre bouleversant, « L’enfant sacrifié à Satan », qui viens de paraître aux éditions Filipacchi. Le jeune Samir a entre-temps été entendu par la justice belge. Notre collaborateur Michel Peyrard a interviewé l’auteur du livre.

Paris Match. Votre livre – « L’enfant sacrifié à Satan » – raconte l’histoire de Samir, un enfant qui, dix ans durant, a été torturé et abusé sexuellement par des membres d’une secte satanique. Son témoignage constitue-t-il un cas isolé ?

Bruno Fouchereau. Non. Nous disposons actuellement d’une dizaine de témoignages d’enfants qui, de Nice à Paris en passant par Bordeaux et Limoges, racontent la même chose. Tous ont été contraints de participer à des mises en scène extrêmement ritualisés au cours desquelles ils ont été abusés. Or les psychiatres vous diront que 90 % des enfants de moins de 12 ans qui parlent de violences sexuelles ne mentent pas. Ces témoignages, qui sont désormais à l’instruction, révèlent que des réseaux pédophiles se sont structurés autour d’organisation pseudo-mystiques : pour les adeptes de ces sectes, il s’agit de donner un cadre à leur délire, une cohérence à leur perversité.

Comme aux États-Unis, il existe en France plusieurs formes de satanisme. Des adolescents, largement infiltrés par des mouvements extrémistes d’inspiration nazie, pratiquent un satanisme relativement grossier, caricatural, comme dans le cas de profanations de cimetières, de plus en plus nombreuses. Des adultes, eu, sont surtout attirés par les déviances sexuelles et le sadisme qu’impliquent certains rituels. Mais il ne faut pas voir dans ces cultes un simple décorum avec candélabres, crânes humains et messes noires dont la seule fonction serait d’exciter les pédophiles. Il y a derrière tout cela un véritable discours destiné à justifier le passage à l’acte et la destruction de l’enfant.

Les sectes aident les pervers sexuels non seulement à assouvir leur plaisir, mais surtout à s’accepter et à se revendiquer comme tels. Lors de ces cérémonies, les adeptes sont exhortés à vivre par-delà le bien et le mal. Ils évoquent souvent une « purification » et une « union des énergies » par le sexe. Ce qui suit pourtant se résume le plus souvent à une grossière partouze dans laquelle les enfants tiennent malheureusement le rôle principal.

Parfois, c’est pire : les films saisis récemment par la gendarmerie dans le sud de la France montrent des bébés de 9 semaines abusés dans un décorum délirant par des adultes.

Depuis quelques temps, Scotland Yard alerte régulièrement les polices européennes sur la montée en puissance de ces cercles sataniques, ou sadiques, car on ne sait plus comment les appeler. L’affaire Dutroux à servi d’électrochoc, aujourd’hui, des enquêtes sont ouvertes tout azimuts. La tâche est difficile, car ces réseaux de pédophiles, cristallisés autour de sectes versées depuis longtemps dans la magie sexuelles, sont, de par le fait de diverses circonstances – arrestation de membres, concurrence d’un groupe sur l’autre, disparition de grands maîtres – extrêmement mouvants.

P.M. Comment un enfant comme Samir a-t-il pu être accaparé par une secte satanique sans que la famille ou les structures chargées de protéger l’enfance réagissent ?

B.F. Le cas de Samir est typique des espaces de non-droit qui se sont créés dans notre société et particulièrement dans les banlieues. Les services sociaux débordés, l’école essoufflée n’ont plus le temps de suivre certains enfants en situation extrême.

L’histoire de Samir commence fin 1984 : il a 11 ans. Sa famille, d’origine algérienne, est absente : son père s’est volatilisé, sa mère est alcoolique. L’enfant peut disparaître deux à trois jours sans que quiconque s’en inquiète. C’est à cette époque que Samir entre en contact avec une bande d’enfants désœuvrés qui, du coté de la place Pigalle, de Blanche et de la foire du trône, trompe son ennui avec des jeux vidéo. Ces lieux sont bien connus des réseaux pédophiles, qui savent depuis longtemps qu’on peut y racoler des mineurs en perdition.

Le réseau, constitué de proxénètes, de petits voyous, de trafiquants de drogue et de pédophiles avérés, commence par approcher le mineur égaré avec l’aide d’autres enfants. Ceux-ci sont chargés de vérifier que le malheureux ne dispose pas d’un environnement familial susceptible de réagir en cas de disparitions. Celles-ci ne sont jamais très nombreuses pour ne pas donner l’alerte : cinq à six enfants par an suffisent à approvisionner les cercles pédophiles. Lorsque le test conclut que l’enfant est effectivement à l’abandon, débute la prise en main. Le malheureux est progressivement immergé dans un monde délirant peuplé de guerriers, d’extraterrestre …

P.M. Ce qui frappe en effet, c’est que l’adhésion de l’enfant à la secte s’opère presque naturellement, parce qu’on s’inspire de son univers : les adeptes utilisent ainsi les jeux de rôle ou les consoles vidéo.

B.F. Absolument ? Les membres de la secte jouent sur incapacité propre souvent aux enfants à distinguer le rêve et le fantasme de la réalité . Lorsqu’ils sont issus d’un milieu familial déstructuré, cette limite est encore plus floue. Samir est ainsi devenu tout naturellement un « guerrier » de l’Alliance Kripten – c’est le nom que s’est donné la secte. On lui explique que celle-ci est puissante, qu’elle est présente partout, que Kripten prépare la fin du monde et que seuls les bons, c’est à dire les adeptes, seront sauvés puisqu’ils seront emmenés sur Uranus. Les autres, les « zozos », en langage Kripten, sont des gêneurs que l’Alliance devra éliminer le jour de la grande bagarre.

Quelques tours de magie achèvent d’impressionner les gosses : on fait apparaître du feu au bout des doigts, des médaillons soudain s’allument … Ce sont les paramètres classiques d’une secte : on fait entrer un individu dans un univers où il n’entretiendra plus aucune relation avec le reste du monde. Celui-ci est d’ailleurs perçu comme une menace, ce qui prive l’adepte de tout esprit critique quant à ce qu’il vit.

La langue Kripten, que les enfants doivent apprendre, remplit le même rôle : elle est faite de mots symboles extrêmement réducteurs, ce qui a pour effet d’entraver les capacités de réflexion de l’individu, qui s’enferme alors dans un comportement purement émotionnel. Il devient facilement manipulable. Si Samir avait eu encore quelques résistances, celles-ce auraient été de toute façon brisées lors de son « initiation ».

La séance de torture à l’acide qu’il a subie avant d’être plus tard violé l’a privé définitivement de défenses. A 12 ans, il s’est retrouvé sans aucun recours. On lui a expliqué que c’était le prix à payer pour devenir un croisé de la race supérieure, car ces gens s’imaginent être au-delà du bien et du mal, l’élite de la nation qui a dépassé tous les tabous. De ombreux skinheads participent d’ailleurs aux cérémonies de l’Alliance Kripten.

P.M. Cette proximité entre rituels sataniques et ce mouvements néonazis est-elle nouvelle?

B.F. Non, c’est un fait constant. Au fond, il s’agit de la même démarche pathologique. Les mouvements extrémistes comme ceux des skinheads s’appuient sur des théories vaguement nazies qui ne sont que des alibis idéologiques pour justifier la violence. Ils revendiquent ainsi l’exclusion et se choisissent des boucs émissaires qui cristallisent leurs frustrations.

La pédophilie relève du même pathos. Il s’agit non pas de vivre une relation d’amour mais de détruire l’autre, de le nier. On se saisit d’un être trop jeune pour avoir, à proprement parler, un comportement sexuel et on lui inflige ce qu’il n’a pas décidé. C’est une destruction totale de l’enfant, chez l’autre et en soi. Samir en a été victime : il a été donné plusieurs fois en offrande lors de pesants rituels ou figurait l’attirail habituel : croix gammées, agneaux égorgés et invocation de Thulé, le pays mythique que les nazis croyaient être la terre originelle de la race aryenne.

P.M. Reste que derrière le décorum, c’est un proxénétisme pur et simple dont il s’agit.

B.F. Le but utile de l’organisation, outre celui de satisfaire les perversions de ses membres, est de faire de l’argent. Pour cela, les enfants prostitués, soit sur les lieux de fêtes foraines, soit directement auprès de clients choisis. Samir a ainsi conservé une liste de numéros de téléphone qui a été remise entre les mains des personnes compétentes. Il a rapporté aussi le détail de ses voyages à l’étranger.

Dans la secte Kripten existe une procédure baptisée « cas spéciaux ». Les enfants ainsi désignés, dont deux camarades de Samir, ont disparu un beau jour pour ne plus jamais réapparaître. Samir, lui aussi, devait être un « cas spécial ». Pour cela, on l’avait préparé. On lui avait confectionné de faux papiers et on l’avait emmené en Bretagne, d’où il aurait dû être ensuite convoyé vers les États-Unis dans la banlieue de Boston, où une femme, aujourd’hui parfaitement identifiée, l’aurait réceptionnée. Heureusement pour Samir, le voyage a été finalement annulé …

P.M. En revanche, Samir affirme avoir participé à des rituels organisés en Belgique. Cela signifie qu’il aurait pu y croiser Marc Dutroux ou de Bernard Weinstein ?

B.F. Samir a effectué deux voyages en Belgique, en 1988, puis en 1992. Lors de son second séjour, il se souvient avoir été séquestré dans une grande maison blanche à l’intérieur de laquelle étaient aménagés plusieurs temples. En compagnie d’une dizaine d’autres enfants, il y a été soumis, plusieurs jours durant, à de nombreuses sévices, viols et tortures. Samir m’avait précisé que cette maison était située non loin de Charleroi, dans un petit village qu’il avait nommé « La Marche-Forcée ». J’avais alors noté, sans en tirer aucune conclusion, que Jumet, le village où habitait Weinstein et où l’on a découvert les corps des petites An et Eefje, se trouvait également sur la commune de Charleroi. Mais comme je n’avais pas trouvé de village baptisé « La Marche-Forcée », j’avais abandonné la piste.

Or le 21 décembre dernier, 50 policiers belges ont effectué une perquisition dans les locaux de la secte satanique de l’ordre d’Abraxas, perquisition au cours de laquelle ont été saisis d’importantes archives ainsi que des bocaux de sang, des crânes humains, une multitude d’ossements divers, des robes de cérémonies et des cassettes vidéo. En découvrant le nom du village où la secte Abraxas était établie dans une grande maison blanche pourvue de nombreux temples – Forchies-la-Marche -, j’ai compris brusquement toute l’importance du témoignage de Samir sur son voyage en Belgique. D’autant que les policiers belges affirment avoir en leur possession des documents qui relient Anubis, le grand prêtre de la secte Abraxas, à Bernard Weinstein, le bras droit de Dutroux. Samir vient d’ailleurs être entendu par les policiers belges dans le cadre de l’affaire Dutroux. Les policiers belges disposent en effet de six témoignages d’enfants qui recoupent parfaitement les propos de Samir quant à l’existence d’un réseau satanique et à son fonctionnement.

P.M. Comment va Samir aujourd’hui ?

B.F. Il va mieux. Pour lui, tout est encore extrêmement douloureux. Il a certes franchi un cap en racontant son histoire. Il a compris qu’il ne devait en éprouver aucune culpabilité, ce qui, naguère encore, n’était pas évident. Et il veut désormais inverser le cours de son histoire, passer du rôle de victime à celui d’accusateur. Naturellement, ce n’est pas facile. Depuis qu’il a définitivement quitté la secte en 1994, il se sent régulièrement menacé et a dû quitter Paris pour vivre dans une semi-clandestinité en province.

La secte qui, de 1984 à 1990, a fonctionné sous le nom de Kripten n’existe plus en tant que telle mais s’est reformée, vraisemblablement sous un autre nom.

Les anciens dirigeants, parfaitement identifiés, sont libres : l’un d’entre eux exerce même une activité sociale auprès de jeunes adolescents en région parisienne ! Dans quelques jours, Jean-Paul Baduel, l’avocat de Samir, déposera contre lui, et contre quelques autres, une plainte pour viol, actes de barbarie et proxénétisme…

P.M. Comment avez-vous été conduit à mener cette extraordinaire enquête et comment avez-vous vérifié les allégations de Samir ?

B.F. Je fus véritablement la première personne à qui Samir accepta de parler en détail de ce qu’il avait vécu pendant dix ans. Après avoir pris divers contacts, en juillet 1996, nous décidâmes de lancer un véritable travail d’édition autour de son histoire. Soumis aux tiraillements du doute face à l’horreur que Samir me décrivait, et devant l’extrême fragilité de ce dernier, j’ai souhaité, dès nos premières entrevues, lui fait rencontrer un psychiatre.

Le Dr Michel Montès, spécialisé dans certains troubles criminels du comportement et notamment celui de la pédophilie, a été amené à traiter plusieurs cas d’ex-adeptes de sectes sataniques. Il accepta de rencontrer Samir, qui devint par la suite son patient. Le Dr Montès m’expliqua qu’à son avis Samir était bien passé entre les mains d’une sorte de secte et qu’il y avait subi d’extrêmes tortures sans pour autant pouvoir préciser la nature exacte. Aujourd’hui, Samir travaille avec le Dr Montès afin d’évacuer ses traumatisme. Ils ont bon espoir, malgré certains passages difficiles, de voir ce garçon vivre un jour libre de ses peurs et angoisses. C’est un jeune homme courageux et intelligent ; en dépit de son expérience, il croit en la vie. Une force de caractère qui est une grande leçon pour tous ceux qui l’approchent.

P.M. Avez-vous eu des problèmes pour vérifier la chronologie des évènements rapportés par Samir, qui sont relativement anciens ?

B.F. Le premier travail que j’effectuai avec Samir fut de rétablir la chronologie des évènements reçus par ce garçon. Certains épisodes furent particulièrement difficiles à replacer dans l’histoire du jeune homme, comme l’un des deux voyages de Samir en Belgique, qui semble avoir eu lieu en novembre 1988. Car Samir ne se souvenait plus de la date de ce voyage. J’ai pu rencontrer d’autres enfants qui avaient été victimes de Kripten. Leurs témoignages recoupaient, dans les grandes lignes, les accusations de Samir. Oui l’Alliance Kripten existait ; oui, les chefs de l’Alliance enrôlaient des enfants en perdition pour les prostituer. On me procura aussi la photographie d’une carte d’ « affiliation » que remettaient les chefs de Kripten aux enfants embrigadés.

P.M. L’existence de Kripten ne fit dès lors aucun doute pour vous ?

B.F. En effet, il m’est alors apparu que l’Alliance Kripten et ses chefs n’avaient rien d’un fantasme. Cette organisation et ses membres ont une existence bien réelle. Nous sommes donc autorisés à penser que l’Alliance Kripten a existé au moins de 1984 à 1989. Depuis ? Il semble que le réseau ait changé de nom mais qu’il n’a pas cessé d’exister.

P.M. Ces réseaux sataniques et pédophiles seront-ils jamais identifiés de façon précise par la police?

B.F. Ma propre enquête m’a permis de déterminer que ces structures étaient parfois très anciennes. Elles changent souvent de nom pour brouiller les pistes, mais, de génération en génération et avec plus ou moins de succès selon les modes des différentes époques, elles se repassent le flambeau.

Ainsi, en Belgique, dans les années 40, a existé une organisation nommée Kumris qui se revendiquait de l’Ordre du Temple et qui organisait, pour la haute société du royaume, des séances de magie sexuelle souvent pédophiles. L’existence de Kumris est connue grâce à une note de l’historien des sociétés secrètes, Renaud de La Faverie. Kumris, en 1944, réunissait pour des séances de magie sexuelle de nombreux collaborateurs et S.s belges, sous la houlette de son grand maître d’alors, Georges Leroy-Van-Daems, qui est aujourd’hui décédé…

En 1994, Kumris publia un texte intitulé « la vérité sur l’eucharistie ». Dans ce dernier, les chevaliers de l’Ordre dévoilaient l’un de leurs secrets. D’après leur science, le Christ était initié à la magie sexuelle et le symbole de l’eucharistie, qui est la communion autour de son sang et de sa chair, ne devait pas se pratiquer autour d’un bête morceau de pain et d’un fade verre de vin, non, mais autour du sperme, qui est le sang de la chair. D’après les chevaliers de Kumris, ce liquide pouvait leur donner la vie éternelle et là résidait le véritable message du Christ.

Certaines de leurs cérémonies impliquaient des enfants et de très jeunes filles.

P.M. Tout cela semble plutôt historique qu’actuel !

B.F. Pas du tout, ce n’est pas parce-qu’elles restent secrètes que ces sectes ne sont pas plus nombreuses. Et si, aujourd’hui, certaines affaires sont mises en lumière, ce n’est pas grâce à une prise de conscience de la magistrature. La vérité est ailleurs.

La perversité « haut de gamme » semble être de plus en plus répandue. C’est du moins l’avis de Me Anne Lombard, qui dirige la commission nationale sur la pédophilie et la maltraitance. D’où le développement d’affaires comme celle de Marc Dutroux. La police ne serait pas plus efficace, mais le crime aurait de plus en plus d’adeptes.

Interview Michel Peyrard – Enquête Laurent Leger (un grand reporter exceptionnel encore en activité)

Source : https://fr.scribd.com/document/495814294/Article-Alliance-Kripten-Interview-Bruno-Fouchereau-Paris-Match-1997

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