Opinion

La nécessité d’un Nuremberg pour le communisme


par Renato Cristin

Le 9 novembre 1989, le mur de Berlin est tombé de façon spectaculaire, écrasé par l’insoutenabilité du régime communiste en Allemagne de l’Est et par la pression que les États du monde libre avaient exercée sur l’Union soviétique et sa sphère d’influence pendant près d’un demi-siècle.

La chute du Mur a été le symbole de l’échec d’un système colossal d’emprisonnement des peuples, des individus et de leurs consciences, dans cette sorte de gigantesque goulag qui s’étendait de l’URSS à tous les pays d’Europe de l’Est victimes du communisme.

Après l’effondrement du monstre soviétique, c’est-à-dire du grand financier des mouvements communistes du monde entier, qui étaient donc privés de moyens économiques considérables, il semblait que le communisme en Occident pouvait s’éteindre ou du moins être réduit à de petits groupes de nostalgiques, comme cela s’était produit pour le national-socialisme et pour les quelques nazis dispersés dans le monde.

En fait, le système soviétique a été vaincu non seulement grâce aux actions de l’Occident, mais aussi parce qu’il était détesté par les peuples qu’il avait soumis dans tant de pays, et qu’il a donc également implosé de l’intérieur. L’effondrement de ce système aurait donc dû également marquer la fin de son idéologie.


Au lieu de cela, contre toute logique et contre toute rationalité historique, cette idéologie a survécu et, ce qui est encore plus irrationnel, s’est même renforcée à certains égards, augmentant ses rangs dans tout le monde occidental (alors qu’en Chine et dans certains autres pays, comme Cuba, elle ne s’est jamais effondrée). Pourquoi ?

Pourquoi avons-nous assisté à un déluge de livres et d’articles faisant l’éloge du communisme et de ses infâmes dirigeants pendant des décennies?

Presque aucune autorité, politique, religieuse ou civile, n’a élevé la voix pour condamner une telle impudence, un tel étalage d’arrogance idéologique et d’insensibilité à l’égard des plus de cent millions de victimes causées par cette idéologie.

La réponse est simple et en même temps décourageante : parce que dans le monde entier il existe un filet de sécurité qui s’étend à tous les secteurs de la société et qui exerce un grand pouvoir d’influence sur l’opinion publique.

L’idéologie socialiste-communiste (dans toutes ses variantes) est en effet prédominante aujourd’hui dans les médias de masse, dans le système éducatif (universités et écoles), dans le showbiz, dans le monde de l’édition, de la culture et de l’art.

Pendant de nombreuses années, la grande personnalité des dissidents soviétiques, comme Vladimir Boukovski, a soutenu que pour contrer cette renaissance et rendre justice aux plus de cent millions de morts que le communisme a causés dans le monde entier et aux personnes encore plus nombreuses persécutées par les différents régimes communistes, il fallait condamner définitivement non seulement ces crimes mais aussi l’idéologie qui les a inspirés.

C’est pour cette raison qu’à l’été 2019, avec Bukovsky, j’ai décidé de lancer un appel à un Nuremberg pour le communisme, avec lequel remplir un impératif moral encore plus que politique et culturel : la condamnation du communisme comme régime et comme idéologie, pour exposer ses mensonges et empêcher leur propagation.

En fait, cette idéologie est toujours très active et dangereuse, non seulement dans ses réalisations gouvernementales – aujourd’hui peu nombreuses, heureusement – mais aussi dans ses nombreuses formes politiques et de mouvement au sein des pays libéraux-démocratiques.

La guerre froide n’était pas seulement une confrontation militaire mais surtout une guerre idéologique, une guerre entre les visions du monde. Mais même si l’Occident l’a gagnée sur le plan militaire et économique, sur le plan idéologique le jeu est encore ouvert et en effet, l’Occident, compris comme la patrie des libertés, risque de la perdre.

Et donc, en suivant cette thèse, nous devons nous poser une question cruciale : si l’idéologie communiste n’est pas morte, et donc si elle n’a jamais cessé de faire la guerre au système social, économique et culturel occidental, pourquoi le monde libre a-t-il arrêté sa guerre contre cet ennemi idéologique ?



Parallèlement au “choc des civilisations” (selon la définition de Samuel Huntington), ce que j’appelle un choc des idéologies s’est également établi aujourd’hui. Le choc des civilisations est visible dans les innombrables attentats que les différentes organisations du fondamentalisme islamique ont menés contre le monde occidental depuis le 11 septembre 2001.

Mais le second clash reste caché, dissimulé par une habile mise en scène qui s’est infiltrée dans tous les recoins des sociétés occidentales et qui le travestit.

À cela, il faut ajouter que ces dernières années, nous avons également observé un rapprochement progressif entre l’islamisme et le communisme, comme cela se passe par exemple au Venezuela, où des conseillers militaires iraniens et des milices du Hezbollah collaborent depuis des années avec le régime socialiste de Chávez et Maduro.

Ou comme cela se passe de manière moins voyante mais non moins dangereuse dans certaines organisations internationales, de l’ONU aux diverses ONG, où une orientation pro-islamique se mêle au marxisme culturel, donnant lieu à un mouvement idéologique qui domine, par exemple, le discours sur la migration (la théorie de la migration de remplacement et le Pacte mondial pour les migrations de l’ONU sont deux exemples de cette union) ou l’attitude envers Israël (le récent rapport de Human Rights Watch est une synthèse parfaite du néo-marxisme et du pro-islamisme).

Cette initiative de Nuremberg est nécessaire tant pour que les massacres et les génocides des différents régimes et mouvements communistes puissent être formellement soumis à des procédures pénales qui n’ont pas encore eu lieu, que pour désintoxiquer la conscience historique collective des poisons que l’idéologie communiste a répandus partout.

Il faut rééquilibrer la conscience morale du monde occidental, de ce monde libre qui trop souvent, par paresse ou par mauvaise foi, occulte la vérité du communisme, en cachant son essence criminogène.

Cette initiative devrait être développée sur trois niveaux, étroitement liés entre eux :

  • Une ligne spécifiquement culturelle (historiographique, philosophique, sociologique, psychologique, politique et géopolitique) ;
  • Une ligne juridique (pour examiner les possibilités concrètes de procéder par le biais du droit pénal, tant en termes de cas spécifiques qu’en termes de crime de génocide qui caractérise les massacres, comme l’Holodomor (la famine des paysans ukrainiens perpétrée par l’Union soviétique en 1932-1933) ;
  • Une ligne politique et institutionnelle, qui doit inclure les gouvernements sensibles à l’idée d’une condamnation politique et morale du communisme, et le Parlement européen, afin de compléter de manière opérationnelle la résolution qui assimile, dans la mémoire historique, le communisme au national-socialisme, approuvée par l’Europarlement en septembre 2019.

Pour mener à bien le projet “Nuremberg pour le communisme“, il est donc nécessaire qu’il soit reçu non seulement par les personnes soucieuses de liberté politique, de vérité historique et de justice morale, et non seulement par les organisations et les fondations qui défendent les valeurs et les principes de la tradition occidentale contre tout totalitarisme, mais aussi par les institutions politiques nationales et internationales, pour aboutir à une résolution officielle condamnant les crimes du communisme et de son idéologie.


Pour cela, il est nécessaire qu’elle soit reprise et relancée par des leaders politiques intelligents et sensibles qui ont le courage de contrer la vague “politiquement correcte” qui déferle sur toutes les sociétés occidentales.

Renato Cristin

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