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La Chine nomme les «sept péchés capitaux» de l’Otan

De Chine arrive l’explication des souffrances des pays de l’Otan.

Le média chinois officiel, Le Quotidien du peuple, tout en s’inquiétant des graves dérives de l’Otan, citant les   «sept péchés capitaux» de l’Alliance, indique que cette organisation politique et militaire est une énorme menace pour le développement du monde. 

Le premier péché, le spectre du racisme.

L’auteur de l’article, Wang Yiwei, commence par évoquer la réécriture de l’Histoire concernant le rôle de la Russie dans la victoire de la Seconde Guerre mondiale par l’Occident. Il réalise d’abord un clin d’oeil sur l’Otan déjà «morte cérébralement», pour reprendre l’expression du président français, Emmanuel Macron, en signalant que cette organisation politique et militaire est finalement «ressuscitée avec du sang» car «la Finlande et la Suède, qui mènent une politique de neutralité depuis de nombreuses années, ont également demandé à rejoindre l’Otan».

Il embraie sur la déclaration du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui a dénoncé une «russophobie sans précédent» en Occident et «une guerre totale» occidentale contre la Russie. 

Le Matin a, aussi, rappelé que le ministre russe des Affaires étrangères «s’en est aussi pris à  »la culture dite de l’annulation » (cancel culture), assurant que les Occidentaux interdisaient les classiques: Tchaïkovski et Dostoïevski, Tolstoï, Pouchkine.


De nombreuses institutions culturelles occidentales ont cessé leur coopération avec des institutions étatiques russes ou banni des artistes qui soutiennent l’offensive contre l’Ukraine». Le quotidien suisse rajoute que «Moscou accuse de son côté l’Ukraine d’être aux mains de néonazis, coupables d’avoir orchestré un prétendu génocide de la population russophone, et l’Occident de mener une guerre par procuration contre la Russie».

Le quotidien belge 7sur7 rapporte que, selon Sergueï Lavrov, la «russophobie sans précédent» des Occidentaux, est «pire que lors de la Guerre froide». Wang Yiwei évoque la dénonciation de l’élargissement de l’Otan par le même ministre russe.

Le second péché, l’idéologie aux commandes.

L’Otan est un outil stratégique des Etats-Unis pour la Chine où ils le considèrent comme un adversaire stratégique, et l’Otan doit suivre le rythme. Cependant, en raison de l’opposition de pays européens tels que la France et l’Allemagne, le positionnement de la Chine dans le nouveau document de concept stratégique est passé d’«opposant systémique» à «défi systémique», indique Le Quotidien du Peuple, affirmant que «cela reflète profondément la mentalité hégémonique des Etats-Unis de renforcer la confrontation idéologique».

Le troisième péché, le piétinement du droit international.

L’adhésion de la Finlande à l’Otan portera gravement atteinte aux relations bilatérales entre la Finlande et la Russie et affectera la stabilité et la sécurité de la région nordique, montre du doigt, l’éditeur de la série en 10 volumes «Nato Studies in China», évoquant un commentaire de Sergueï Lavrov.


Cette adhésion affectera, également, directement ses obligations en vertu du droit international. «C’est d’abord le Traité de paix de Paris de 1947 qui stipulait qu’aucune des parties ne pouvait former une alliance ou participer à une alliance contre l’autre, tout comme le Traité sur les fondements des relations entre la Russie et la Finlande de 1992 qui stipulait qu’aucune des parties ne pouvait employer la menace ou l’usage de la force par l’indépendance politique. Cependant, étant donné le mépris collectif actuel du droit international en Occident, un tel comportement est devenu la norme», vitupère l’expert chinois.

Le quatrième péché est la réalité de l’unilatéralisme au nom du multilatéralisme.

«L’Otan ne cesse de dire qu’elle agit en vertu de la Charte des Nations unies, mais en fait, elle agit comme un lâche sous la direction des Etats-Unis», fait remarquer , Wang Yiwei, rappelant qu’ «en 1999, sans l’autorisation des Nations unies, l’Otan a bombardé de manière flagrante la Yougoslavie et l’ambassade de Chine en Yougoslavie sous prétexte d’un soi-disant génocide, tuant trois journalistes chinois et en blessant de nombreux autres».

«L’Otan doit toujours à la Chine une dette de sang», lance-t-il. Le Süddeutsche Zeitung a, d’ailleurs, reparlé du bombardement de l’ambassade chinoise par «erreur» par l’Otan et du fait que «la guerre du Kosovo n’a pas été approuvée par le Conseil de sécurité de l’Onu et était donc contraire au droit international».

Le cinquième péché est de s’engager dans la politique de groupe.

Wang Yiwei, prenant la déclaration de Fei Xiaotong, un sociologue, qui a lancé qu’ «ils (c’est-à-dire la société occidentale) forment souvent des groupes de plusieurs personnes» en relation avec le groupe», et que «si il existe une différence de groupe ou de niveau dans le même groupe, celui-ci est également décidé à l’avance», Wang Yiwei constate que cette politique de groupe est devenue le moteur des mondialistes.

Et, d’après les observations du média chinois, «le sommet de l’Otan à Madrid a également tenté de reproduire la routine de la confrontation des blocs en Europe vers l’Asie-Pacifique, en apportant plus d’instabilité dans la région».

Le sixième péché, le «fossile vivant» de la guerre froide.

Pour Le Quotidien du Peuple, l’Otan agit en tant que voyou de la guerre froide, en faisant ressusciter les morts alimentant la promotion de la mentalité de la guerre froide.

Le sommet de l’Otan à Madrid a classé la Russie comme «la menace la plus importante et la plus immédiate» et la Chine comme un «défi systémique», s’époumone Wang Yiwei. Pour l’analyste chinois, «cela montre que depuis la fin de la guerre froide, l’Otan n’a pas changé sa pensée dualiste et a continué à provoquer des confrontations de camps et à créer des tensions dans le monde».

Le septième péché.

Le Quotidien du Peuple avertit que l’Otan mène une visée politique pour «s’écarter de son intention initiale de sécurité de l’Alliance de l’Atlantique Nord en s’engageant dans une expansion mondiale.

Le média chinois signale que cette version du document stratégique de l’Otan, qui qualifie la Chine comme «un défi» pour ses intérêts, va à l’encontre du développement pacifique de la Chine.

Observateur Continental a, d’ailleurs, publié un article sur la volonté de l’Otan de lancer un Otan asiatique.

Wang Yiwei arrive à la conclusion qu’ «en perturbant l’Europe, en convoitant la région Asie-Pacifique et en perturbant le monde, l’Otan fait peser une énorme menace sur la paix et le développement dans le monde. Pour l’expert chinois, «ce que l’Otan a fait mérite la haute vigilance des peuples épris de paix dans le monde entier».

* Wang Yiwei est professeur titulaire de la chaire Jean Monnet, vice-président de l’Académie de la pensée de Xi Jinping sur le socialisme à la chinoise dans une nouvelle ère, conseiller de doctorat à l’Institut des affaires internationales et directeur du Centre d’études européennes de l’Université Renmin de Chine. Il est également l’éditeur de la série en 10 volumes «Nato Studies in China».

Philippe Rosenthal 


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