Social & Finance

Dictature sanitaire: comment agir quand tous les moyens de mobilisation deviennent illégaux?


Aujourd’hui, un message un peu particulier pour tenter une sorte d’état des lieux des moyens qu’il reste aux citoyens pour revendiquer ou ne serait-ce que se faire entendre.

L’Histoire montre qu’à partir du moment où les moyens pacifiques de revendication deviennent illégaux, comme c’est le cas aujourd’hui, d’autres modes d’action sont utilisés par les populations ou les groupes de populations. Quelques éléments de réflexion.

Il faut toutefois dans cet article tenir compte d’un fait essentiel: il est quasiment interdit en France d’appeler à des rassemblements insurrectionnels ou à une organisation subversive.

En janvier 2019 Eric Drouet, un leader Gilet Jaune, aurait été poursuivi par Castaner pour avoir osé appeler “à l’insurrection”.

On n’en a plus entendu parler, mais les juristes étaient partagés sur cette incrimination. Suite à la mutilation de Jérôme Rodriguez il avait “appelé à un soulèvement sans précédent par tous les moyens utiles et nécessaires pour que plus personne ne soit victime de ces blessures de guerre”.

La liberté d’expression en France a en effet beaucoup de limites, nous sommes même l’un des pays les plus restrictifs parmi les pays dits “démocratiques”.


Une liberté d’expression qui s’arrête aux institutions

On se rappelle aussi des jeunes de Tarnac, qui ont été la cible de la répression de sarkoléon le magouilleur pendant des années. Il leur était reproché d’avoir diffusé un bouquin hautement subversif selon la droite, appelé “L’insurrection qui vient”. L’affaire que les autorités ont tenté de monter en complot terroriste d’extrême gauche s’est conclue en 2018 par un non-lieu en correctionnelle.

Certains de ces jeunes ont fait des mois de prison, puis ont été placés en liberté conditionnelle pendant des années, privés de leur liberté d’aller-et-venir, de rencontrer leurs camarades, ont été pistés et sous contrôle étatique, pour rien.

Nos élus n’aiment pas que les citoyens critiquent les institutions, ni évidemment leurs actions. Ils tiennent surtout à conserver le pouvoir qu’ils détiennent et qui leur permet de régir la société comme ils l’entendent.

Ils ont donc prévu un certain nombre de lois destinées à réprimer toute tentative d’insurrection et toute tentative d’organisation d’insurrection. Cela, même si ces institutions ont été usurpées, dévoyées au profit d’intérêts privés voire étrangers.

On peut retenir quelques articles de loi qui pourraient être utilisés dans ce genre de circonstances d’après l’avocat Thierry Vallat:

L’article 24 de la loi 1881 sur la liberté de la presse régit la provocation à la commission d’un crime ou d’un délit. L’auteur de ce délit encourt donc une peine de cinq ans d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende pour toutes “destructions, dégradations et détériorations volontaires dangereuses pour les personnes”, la législation définit que seront poursuivis tous “ceux qui (…) auront directement provoqué à l’un des crimes et délits portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation.”

L’article 412-3 du Code pénal qui définit un mouvement insurrectionnel comme ” toute violence collective de nature à mettre en péril les institutions de la République ou à porter atteinte à l’intégrité du territoire national”

L’article 412-4 prévoit pour sa part que “est puni de quinze ans de détention criminelle et de 225.000 euros d’amende le fait de participer à un mouvement insurrectionnel :

  • 1° En édifiant des barricades, des retranchements ou en faisant tous travaux ayant pour objet d’empêcher ou d’entraver l’action de la force publique ;
  • 2° En occupant à force ouverte ou par ruse ou en détruisant tout édifice ou installation ;
  • 3° En assurant le transport, la subsistance ou les communications des insurgés ;
  • 4° En provoquant à des rassemblements d’insurgés, par quelque moyen que ce soit ;
  • 5° En étant, soi-même, porteur d’une arme ;
  • 6° En se substituant à une autorité légale”

Quant à l’article 412-6 il dispose que “le fait de diriger ou d’organiser un mouvement insurrectionnel est puni de la détention criminelle à perpétuité et de 750.000 euros d’amende”

D’autres avocats ont pointé l’article 433-10 du code pénal qui dit que “la provocation directe à la rébellion, manifestée soit par des cris ou des discours publics, soit par des écrits affichés ou distribués, soit par tout autre moyen de transmission de l’écrit, de la parole ou de l’image, est punie de deux mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende”.

L’arsenal anti-insurrection est donc important dans ce pays qui est donc un “état de droit” très encadré. C’est donc dans ce cadre que je vais tenter de m’exprimer.


Et cela, bien que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, rédigée en 1789 et qui se trouve théoriquement en haut de la hiérarchie des normes, précisait déjà :

  • Art. 2. Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression.
  • Art. 10. Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi.
  • Art. 11. La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.
  • Art. 12. La garantie des droits de l’Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée.

Quant à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793, elle précise après une série de coups d’Etat depuis 1789:

  • Article 33. La résistance à l’oppression est la conséquence des autres Droits de l’homme.
  • Article 34. Il y a oppression contre le corps social lorsqu’un seul de ses membres est opprimé.Il y a oppression contre chaque membre lorsque le corps social est opprimé.
  • Article 35. Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

Nos ancêtres avaient certainement vu venir les dérives que nous subissons aujourd’hui, et qui hélas sont loin d’être nouvelles dans ce pays.

Bref, il ne s’agit pas ici d’appeler au soulèvement ou à l’insurrection, mais de faire un état des lieux des moyens qu’il reste aux citoyens pour s’exprimer.

Interdiction des moyens violents et des moyens non violents

Le premier constat aujourd’hui est que les moyens de revendication non violents sont désormais soit interdits au prétexte du coronavirus, soit en passe l’être: les manifestations sont toutes déclarées illégales sauf lorsqu’il s’agit de crier au “séparatisme” : les images de répression sur les réseaux sociaux défilent depuis 3 ans, et désormais il est même interdit de se regrouper à plus de 10 dans les villes sous peine de récolter 135 € ou plus d’amende suivant le nombre de fois où on est pris.

Et d’un autre côté, la censure n’a jamais été aussi forte sur Google et sur les réseaux sociaux.

En effet, sur Google le référencement changeant fait que seuls les médias mainstream apparaissent dans les 10 premières pages de recherche, quels que soient les mots-clés tapés.

L’utilisateur doit donc chercher un bon moment et ruser au niveau des mots-clés pour trouver des contenus critiques sur Google.

Sur les réseaux sociaux, Facebook, Youtube, Instagram, Twitter et d’autres ont passé des accords avec Macron et d’autres Etats pour supprimer sans l’intervention de la justice tout contenu jugé non conforme à la parole officielle, que ce soit sur le coronavirus, sur Trump, sur le gouvernement mondial.

En 2019 déjà, la France était n°4 mondial de la censure sur Facebook à la demande des “autorités” (après l’Inde, la Russie et la Turquie) ou même n°2 selon le mode de calcul.

La bande des QAnons, certes partisans mais dont le point de vue vaut beaucoup d’autres, ont été littéralement bannis de Youtube, d’Instagram et de Facebook, avec des milliers de comptes supprimés partout dans le monde en l’espace de 48 h (7000 rien que sur Twitter par exemple). Cela, alors que la campagne présidentielle US bat son plein.

Ce sont les QAnons aujourd’hui, demain ce sera moi ou n’importe quelle autre voix critique.

Au prétexte des attentats terroristes, c’est la loi Avia anti “haine” qu’on veut nous faire ressortir alors qu’elle a été largement censurée par le conseil constitutionnel d’habitude fort laxiste. Qu’à cela ne tienne a dit Barbier de L’Express et des plateaux télé, on n’a qu’à changer la constitution pour faire passer cette loi inique qui veut effacer tout contenu critique vis-à-vis du régime.

On observe donc petit à petit une criminalisation de la parole critique, en parallèle d’une interdiction de manifester qui dure beaucoup trop dans le temps pendant que les lois liberticides se succèdent.

C’est ce que dénonce David Dufresne, journaliste qui a suivi la montée des violences policières dans le cadre du mouvement des Gilets Jaunes, dans son film documentaire “Un pays qui se tient sage”.

Même Amnesty International vient de taper du poing sur la table: “Depuis fin 2018, en France, la répression des manifestations a été d’une ampleur inédite. Manifester pacifiquement expose au risque de violences policières, mais aussi à celui de finir en garde-à-vue. En effet, les autorités ont instrumentalisé des lois contraires au droit international pour verbaliser, arrêter arbitrairement et poursuivre en justice des gens qui n’avaient commis aucune violence” a dit l’organisation dans un communiqué en septembre 2020.

La répression ne vise pas que les manifestants, mais aussi les observateurs qui pourraient témoigner ce ces violences: “Depuis 2018, des milliers de personnes ont été verbalisées, interpellées, arrêtées et poursuivies en justice pour des activités pacifiques qui n’auraient pas dû être considérées comme des infractions. Parmi elles, des manifestants, mais aussi des journalistes ou observateurs des droits humains ont notamment été pris pour cible”.

Le nouveau schéma du maintien de l’ordre de Macron repose lui aussi sur des lois illégales vis-à-vis des traités internationaux pourtant signés par le France.

Et une loi dite de “sécurité globale” pondue par des députés LREM, qui sera examinée en urgence le 4 novembre, vise à renforcer encore le contrôle des manifestations et l’impunité des FDP (forces de police).

L’Assemblée Nationale vote les pleins pouvoirs au gouvernement

La “violence légitime” appartient à l’Etat qui en échange -dans un état de droit- doit assurer la sécurité des citoyens.

Tout le jeu des élites françaises, bourgeoises, capitalistiques, mondialistes, a depuis 1789 été de confisquer cette violence légitime au moyen du système politique et représentatif.

En récupérant les partis politiques dominants, toujours “au centre” qu’on tente de faire passer pour “modéré”, ils obtiennent les clés de la police, de la gendarmerie, de l’armée, et ont le pouvoir législatif.

On notera d’ailleurs qu’une étude menée à l’université d’Oxford a montré que les “centristes” sont les plus hostiles à la démocratie. Les fans de LREM le prouvent chaque jour.

De plus, comme nous vivons désormais dans un “état d’urgence” permanent, que ce soit au nom du terrorisme ou d’un bien obscur virus, les grands principes constitutionnels ne protègent plus les citoyens. Ils le pourraient si nous étions encore un état de droit, où le conseil constitutionnel sait encore lire la constitution, et où le conseil d’Etat applique les principes du droit.

Mais ce n’est pas le cas puisque nous subissons des confinements, des couvre-feu, des confinement + couvre-feu probablement bientôt, des obligations de porter un tissu facial inutile dans les rues, tel un gri-gri anti-covid, et aussi au travail, à l’école maintenant dès 6 ans, et que finalement toute la vie sociale est détruite, toute la vie culturelle, la vie associative et politique. Un massacre à peine croyable.

D’ailleurs, ils nous est quasiment impossible de mesurer pleinement ce qu’il est en train de se passer.

Le 1er octobre, les députés LREM ont voté en pleine nuit une nouvelle prolongation de l’état d’urgence jusqu’en avril 2021.

Certains disent que tout cela est illégal. Je renvoie ici vers plusieurs initiatives:

Le droit en France n’est finalement qu’une question d’interprétation, au gré du vent et des intérêts dominants du moment.

Quid du processus démocratique?

On comprend donc qu’aujourd’hui en France on ne peut plus s’exprimer autrement que par le vote. On nous explique que comme on a voté pour nos représentants, ils ont le droit de faire absolument ce qu’ils veulent puisqu’il y a virus / terrorisme ou on ne sait quoi.

Or, et je ne vais pas m’étaler là-dessus aujourd’hui (ce sera pour une prochaine fois), le processus démocratique est vicié. Le suffrage universel direct n’existe pas, par exemple, puisque lorsque les français sont appelés à voter nous en sommes déjà au moins à la 8e étape de sélection des candidats.

Après avoir passé les primaires, au cours desquelles les fraudes sont aussi massives, il faut avoir des candidats convenables. Ceux-ci doivent donc être avalisés par un parti, financés via un parti, avalisés à nouveau par 500 signatures d’élus locaux, et à qui on laisse l’accès aux médias, etc. Ce qui fait beaucoup de critères.

Par ailleurs, la tricherie prend des proportions alarmantes, y compris lors de l’élection du président de la République.

Sarko a financé sa campagne grâce à un chef d’Etat étranger, Khadafi, et a explosé les plafonds de dépenses autorisés. Son élection a été validée par le conseil constitutionnel. Comme celle de Chirac en 1995, dont les comptes de campagne ont été validés tout comme ceux de Balladur malgré l’argent des rétrocommissions de l’affaire Karachi et l’explosion là aussi du plafond légal de dépenses. Il a fallu faire passer plusieurs fois les rapporteurs pour éliminer assez de dépenses pour rentrer dans les clous.

Pour l’élection du micron en mai 2017, nous avons eu par exemple :

Il a aussi été constaté un fort écart entre le résultat obtenu au premier tour par le micron et les mesures faites avec le big data notamment à partir des réseaux sociaux, bien supérieur à l’écart pour les autres candidats: 3,83 points d’écart pour le micron, contre 1,29 à 1,72 pour Fillon, Le Pen et Mélanchon.

Aux législatives suivantes on se souvient de l’élection de Manuel Valls face à la candidate des Insoumis grâce à des fraudes. Mais selon l’Etat, il n’avait pas assez triché pour faire basculer l’élection. Et la plainte au tribunal de la France Insoumise a été classée sans suite discrètement en juin 2018.

En effet comme le rappelait Le Figaro en 2017, “L’annulation d’une élection présidentielle est légalement plausible, mais n’est pas une mince affaire. Chaque citoyen peut contester le déroulé d’un vote le jour-même. Les candidats peuvent quant à eux contester l’ensemble des opération électorales et leurs résultats dans un délai de 48 heures. Mais pour que leur demande soit prise en compte, les irrégularités doivent être de nature à pouvoir changer l’issue du scrutin”.

Quant au micron, il est devenu président avec officiellement 8,6 millions d’électeurs au premier tour et rien que cela est un problème démocratique. Les Insoumis en avaient 7 millions et étaient à 600.000 voix du second tour.

Voilà pour ce qu’il en est du processus électoral, dont les résultats de 2017 ont surpris plus d’un observateur chevronné, y compris du côté des renseignements.

Ajoutons au sujet dudit processus démocratique qu’il n’y a strictement aucun contrôle citoyen, d’aucune sorte et sur aucune de nos instiutions. C’est un problème et c’est très révélateur du fonctionnement de la “république” française.

Que reste-t-il aux citoyens?

De quels moyens de revendication légaux disposent encore les citoyens?

Eh bien aujourd’hui c’est assez simple : aucun. Les moyens violents sont illégaux bien-sûr, et les moyens pacifiques le deviennent tous progressivement. Nous n’avons même plus le droit de réunion y compris en famille.

La justice n’est pas une option car soumise au pouvoir présidentiel, les médias mainstream non plus comme on l’a vu depuis 2 ou 3 ans avec leur parti pris sur les conflits sociaux et leur ardeur à imposer le micron comme le seul et l’unique candidat crédible.

On sait qu’il y a encore quelques mois, souvenez-vous c’était un an avant le scandale du coronavirus, plus de 70% des français soutenaient le mouvement des Gilets Jaunes (juste après l’Arc de Triomphe). Il y a donc en France une énorme réserve de “mécontents”, qui se trouvent aujourd’hui dans une situation bien pire qu’avant la gestion de crise du coronavirus.

Il est donc probable que la dictature qui se met en place, et qui ne fait que préfigurer leur “Nouvel Ordre Mondial”, rencontrera quelques difficultés à se mettre en place. La stratégie du choc a ses limites: quand les gens comprennent ce qu’il se passe elle devient beaucoup moins efficace.

1. S’informer:

La base de ce que les gens peuvent encore faire, c’est s’informer. Même si cela devient compliqué en raison de la censure, et même subversif puisqu’il s’agit d’aller chercher autre chose que la propagande qui nous tombe toute cuite dans le bec en continu.

D’ailleurs, pour certaines recherches, il est mieux d’utiliser des VPN, voire Tor, afin d’éviter d’être tracé.

Il est mieux aussi de varier les moteurs de recherche pour faire apparaître de nouveaux résultats, et tomber sur des contenus déréférencés par Google (comme ce blog quasiment inaccessible en tapant des mots-clés sur Google): DuckDuckGo, Ecosia notamment.

Les recherche par images sont moins filtrées aussi.

Mutliplier les canaux d’information “libres”: plateformes non censurées comme LBRY ou Odysee pour les vidéos. Aller sur des réseaux sociaux moins censurés, comme VK, Twitter, Telegram. Des réseaux sociaux 100% indépendants sont en cours de développement par différentes équipes.

2. Informer :

Ce moyen d’action est encore légal mais subit de nombreuses attaques car il est lui aussi de plus en plus considéré comme subversif par les autorités. Pour les journalistes, il y a par exemple le “secret des affaires” créé par sarkoléon, étendu par micronchet, ou le “droit à la vie privée” qui sont interprétés de manière tellement large que ces procédures enfreignent gravement la liberté d’expression.

Pour les citoyens, il y a aussi des limites: outrage, bientôt des propos estimés “haineux” par un hébergeur ou un policier, la diffamation, l’atteinte à l’honneur, le racisme, l’antisémitisme, le négationnisme, plus récemment l’antisionisme (une loi profondément stupide et inapplicable dans un pays qui se targue encore d’être un “état de droit”) etc.

Il y a aussi la nouvelle censure apparue avec le coronavirus: celle des propos critiques par rapport à la parole officielle. par exemple aujourd’hui on est censuré sur Facebook si on veut publier un contenu disant que la chloroquine est efficace ou si on critique le tissu facial obligatoire. Demain ce sera pareil si on critique les vaccins.

Informer peut devenir plus compliqué sur des sujets considérés comme “chauds” tels que la pédocriminalité: des armadas de trolls débarquent alors sur les réseaux sociaux et le web, et noient les débats sous des flots d’insultes voir pour les plus acharnés de procédures.

L’association Wanted Pedo par exemple en sait quelque chose. Il y a aussi des procédures bâillon intentées par les pédos mis en cause, qui peuvent étrangement coûter plus cher que les dommages et intérêts perçus par leurs victimes mineures.

Informer peut aussi se faire par affichage, mais légalement tout doit être traçable et chaque auteur identifié. Le tractage dans l’espace public est interdit sans autorisation (et parfois qualifié de “manifestation interdite”), l’affichage n’importe où aussi et l’affichage politique est réglementé. Il y a des espaces d'”affichage libre” et gratuit généralement peu visibles, où on peut légalement mettre les affiches politiques et syndicales.

L’affichage a été utilisé peu après l’invention de l’imprimerie, dès le XVIe siècle, quand les protestants ont attaqué le catholicisme au cours de l’affaire des placards (les affiches), et pendant l’Occupation nazie ou encore en mai 68 on a vu la puissance de ce moyen d’expression pour agir sur l’opinion publique.

3. La résistance passive

La résistance passive est non-violente et n’est pas franchement illégale, en tout cas le but n’est pas de revendiquer publiquement mais de ne pas céder à une forme d’oppression. Dans un état de droit, elle n’entraînerait pas de conséquences mais a priori elle ne serait pas nécessaire non plus.

Pendant l’Occupation, les actes de résistance passive recouvraient tout un panel d’actions allant du crevage de pneus des véhicules de guerre allemands quand l’occasion se présentait, à écouter la radio de Londres, ou encore supprimer ou changer les panneaux d’indications routières pour ralentir l’ennemi, mal réparer leurs équipements électriques, classer inapte un jeune devant partir au travail obligatoire…

En Bretagne face à la colonisation française, cela a consisté au fil des siècles à continuer à parler le breton et à la transmettre même si c’était interdit, à continuer à revendiquer des droits politiques censés avoir disparu, à se déclarer de nationalité Bretonne et de simple citoyenneté française malgré l’état-civil…

La résistance passive est un acte isolé au départ. Quand une personne n’accepte pas certaines choses qu’on tente de lui imposer, et tente de freiner le processus ou de s’y opposer.

4. La désobéissance civile

L’acte de désobéissance civile, dont le concept remonte au XIXe siècle, est illégal par essence: il s’agit de refuser individuellement ou collectivement, de manière affichée et non violente, de se plier à une loi ou un règlement. C’est un acte de revendication qui expose à des sanctions, et souvent les sanctions sont comprises dans la démarche.

Le but des actions de désobéissance civile est de résister à une forme d’oppression, comme quand les féministes anglaises ont créé la Women’s Tax Resistance League (ligue de résistance féminine aux impôts) en 1909 pour ne pas payer d’impôts puisqu’elles ne votaient pas. Leur slogan était “no vote, no tax” et certaines ont été envoyées en prison pour avoir refusé de payer leurs impôts.

Les jeunes qui refusent de faire leur service militaire ou la guerre et préfèrent purger une peine de prison font aussi de la désobéissance civile. Les Noirs qui comme Rosa Parks s’asseyaient aux places réservées aux Blancs à l’avant des bus faisaient de la désobéissance civile.

La grande limite de cette démarche est que dans un état qui n’a pas de limite en matière de violence et qui maîtrise la communication, ces actes n’ont pas d’impact s’ils ne tiennent pas sur la durée et restent isolés.

Par exemple, la ZAD de Notre-Dame-des-Landes est une zone de désobéissance civile, qui a réussi à perdurer et même à porter ses fruits. Mais cela au prix de près de 20 ans de mobilisations et de confrontations souvent très violentes avec les FDP.

Les décrocheurs de portraits de Macron dans les mairies, quant à eux, ont montré avec les procès qu’ils ont subis et qui ont été médiatisés à quel point le régime était en dérive autoritariste. Fort heureusement, beaucoup ont été relaxés.

Soulignons d’ailleurs qu’en France, les tribunaux restent le seul contre-pouvoir : le parlement est devenu une chambre d’enregistrement, surtout l’assemblée soumise à la micronie triomphante, et les médias dominants appartiennent à des milliardaires dont micronchet défend les intérêts et dont les bénéfices sont liés aux décisions de l’Etat.

On aimerait que le conseil constitutionnel et le conseil d’Etat, qui valident 99% des lubies microniennes, aient un peu de dignité eux aussi.

Enfin il faut ajouter que la désobéissance civile, ce n’est pas Soros, ce ne sont pas les “printemps arabes”, la révolution “orange” (Ukraine), la révolution “des roses” (Azerbaïdjan), etc. Sauf à dire que la désobéissance contrôlée est acceptable.

5. La résistance active

La résistance active est toujours illégale et fortement réprimée car elle vise à saper l’autorité du pouvoir en place.

Elle ne se met pas en place spontanément, mais par regroupement de différents collectifs et individus qui sont généralement déjà impliqués dans des actions isolées et parviennent à se mettre en relation et à s’organiser comme ce fut le cas lors de la Deuxième Guerre, ou parce qu’un groupe de population est poussé à agir comme en Irlande sous occupation anglaise ou lors de la Commune en France, qui en 1870-1871 a opposé le peuple ouvrier à la bourgeoisie déjà hégémonique, et a fini en guérilla urbaine.

La Commune était en réalité un coup d’état des dominants contre le peuple. A l’origine, une révolte populaire née après la défaite du dictateur de l’époque Napoléon 3 à Sedan a abouti à une prise du Palais-Bourbon par les parisiens, et à la proclamation de la République (mise à bas plusieurs fois depuis 1789).

Le mouvement violemment réprimé par l’armée (il y aurait eu 30.000 morts dans la population de Paris lors de la “semaine sanglante” qui a suivi la victoire électorale de la gauche, au cours de laquelle le pouvoir bourgeois a repris le pouvoir – et autour de 45.000 prisonniers) n’a pas eu le temps de s’inscrire dans la durée.

Les actions de résistance active ne sont pas forcément violentes comme les actions de sabotage ou les meurtres de nazis pendant la guerre, mais en tout cas elles visent à attaquer des structures en place et à entraver l’action de l’ennemi.

Pour les autorités, la résistance active est toujours considérée comme du terrorisme et réprimée en tant que telle, surtout s’il s’agit d’actions violentes. Des groupes terroristes quant à eux se revendiquent résistants à l’oppression, aussi bien à l’extrême droite qu’à l’extrême gauche.

Le flou issu de ces actions et revendications est donc énorme pour l’opinion publique, notamment face à des actions violentes voire meurtrières qui deviennent contre-productives en raison de la maîtrise des moyens de propagande/ communication par le pouvoir.

En Amérique Latine, de nombreuses guérillas ont été menées contre les dictatures et régimes autoritaires en place dans les années 50 à 90, soutenues par la puissance US. Des batailles ont eu lieu aussi bien en zone naturelle ou peu peuplée qu’en ville. Ces expériences ont inspiré le livre “Manuel du guerillero urbain” écrit en 1969 par le militant brésilien Carlos Marighella et certains livres de Che Guevara.

Au Chiapas en 1994, un peuple indigène s’est levé contre le gouvernement mexicain qui voulait les expulser de leurs terres ancestrales dans les montagnes, pour les livrer aux compagnies pétrolières et gazières.

Ces indiens, des paysans pour la quasi totalité d’entre eux, ont finalement pris les armes dans l’EZLN (armée zapatiste de libération nationale), ont organisé une véritable démocratie citoyenne, se sont battus contre l’armée mexicaine, et déclaré des villages autonomes.

Pour gagner, il faut noter qu’ils ont pu compter sur une mobilisation internationale face à ce qui risquait de ressembler à un génocide de ce peuple.

Ce qu’il ont gagné : leur liberté, le droit de rester sur leurs terres, de préserver leur culture et l’autogestion. Mais la lutte ne prend jamais fin.

Aujourd’hui, l’EZLN nous parle: dans un communiqué du 5 octobre 2020 adressé “Aux réseaux de résistance et de rébellion,

Aux personnes honnêtes qui résistent dans tous les coins de la planète”. Ce texte est puissant, j’ai des scrupules à le résumer, je vais donc le copier intégralement après cet article.

Pour ceux qui ne liront pas tout, ils constatent d’abord “Nous voyons et entendons un monde malade dans sa vie sociale, fragmenté en millions de personnes étrangères les unes aux autres, s’efforçant d’assurer leur survie individuelle, mais unies sous l’oppression d’un système prêt à tout pour étancher sa soif de profits, même alors qu’il est clair que son chemin va à l’encontre de l’existence de la planète Terre”.

Ils observent : “Nous voyons et nous entendons les puissants se replier et se cacher dans les prétendus États nationaux et leurs murs. Et, dans cet impossible saut en arrière, ils font revivre des nationalismes fascistes, des chauvinismes ridicules et un charabia assourdissant. C’est là où nous apercevons les guerres à venir, celles qui s’alimentent d’histoires fausses, vides, mensongères et qui traduisent nationalités et races en suprématies qui s’imposeront par voie de mort et de destruction”.

Après avoir expliqué les maux qu’ils ont identifiés, ils en appellent à “reprendre les rues, oui, mais pour lutter. Parce que, nous l’avons dit auparavant, la vie, la lutte pour la vie, n’est pas une question individuelle, mais collective. On voit maintenant que ce n’est pas non plus une question de nationalités, elle est mondiale” et expliquent notamment qu’ils vont venir en Europe “à la rencontre de ce qui nous rend égaux” parce qu’ils ont “décidé” disent-ils “Qu’il est temps à nouveau que les cœurs dansent, et que leur musique et leurs pas ne soient pas ceux de la lamentation et de la résignation”.

Je recommande à tous de lire ce texte, dont je n’avais pas connaissance quand j’ai écrit les lignes sur l’EZLN dans cet article, et qui résonne fortement.

Inventer de nouveaux modes d’action

N’épiloguons pas sur les moyens d’action illégaux. Il reste des fenêtres de tir qui peuvent être efficaces.

“Les inventions d’inconnu réclament des formes nouvelles” a un jour écrit Raimbaud. Et aujourd’hui, le constat est clair: les modes d’action existants sont devenus à la fois inutiles car le pouvoir n’est plus dans les institutions nationales, et de toute manière illégaux. Nous devons donc inventer, pour faire bouger les lignes de manière drastique.

Il faut reprendre la main sur l’agenda politique, revendiquer et construire en plus de résister.

Parmi les choses qu’il nous faut inventer et mettre en place très rapidement :

  • Une constitution
  • Une nouvelle organisation des pouvoirs ET des contre-pouvoirs démocratiques
  • Un tribunal sur le mode “Nuremberg” et des tribunaux citoyens pour déterminer les actes de corruption à tous les niveaux. Et ne pas reproduire le ratage lamentable de l’épuration en 44-45, que l’on paie encore aujourd’hui.
  • Un ou plutôt des systèmes monétaires et d’échanges combinés.

Les actions individuelles ou collectives de perturbation

L’idée ici est de rester dans des actions non-violentes et encore légales. Les objectifs peuvent être assez variés, mais principalement il s’agit de perturber l’action de l’autorité et de proposer des réponses aux différents problèmes qui ont été identifiés.

Les Gilets Jaunes qui ont commencé sur les ronds-points, s’inscrivent dans ce type d’action. Même s’ils sont éclatés en plusieurs groupes, plusieurs tendances parfois en conflit, beaucoup ont construit une réflexion, défini des pistes d’action et des solutions, et même créé une nouvelle réalité.

Surtout, ils sont tous partis du même constat : des conditions de vie qui se dégradent à vitesse grand V et un impossibilité à se faire entendre par ceux qui sont censés les représenter.


Les grèves et manifestations, devenues impossibles et inutiles face à un pouvoir totalement sourd, sont aussi des actions de perturbation collectives, tout comme le hacking peut l’être.

Il peut aussi s’agir d’actions très ciblées, pour répondre à une problématique. Par exemple dénoncer diverses magouilles de manière à ce qu’elles soient publiques et jugées. Pour cela il faut créer une structure capable de traiter les informations données par les lanceurs d’alerte, de garantir l’anonymat, d’enquêter (avec des journalistes, des juristes, des spécialistes de la comptabilité et de la finance…) et de diffuser les résultats.

Une association loi 1901 comme Anticor, qui a d’ailleurs beaucoup de bâtons dans les roues de la part des autorités, fait cela pour divers dossiers de corruption à diverses échelles concernant les politiques.

Dans ces démarches, l’objectif est de cibler des problèmes liés au fonctionnement du système, par exemple le système de décision politique, le système de création monétaire, la corruption, le système électoral, la justice, et de mettre en oeuvre des réponses concertées.

Avec les outils numériques et les réseaux déjà existants, il est possible de constituer de manière collective des plateformes de revendications et d’objectifs sur lesquels on se met d’accord, et qui servent ensuite de base à la réflexion et aux actions à mener.

A travers des collectifs, des coordinations, on peut mener des actions communes avec d’autres groupes, afin de défendre des objectifs communs.

On peut rêver d’une démocratie parfaite. Elle ne pourra l’être sauf à ce qu’un groupe domine les autres, et seul ce groupe serait satisfait quand les autres n’auraient pas voix au chapître.

La démocratie parfaite, le pouvoir par le peuple et pour le peuple, a ses limites comme tous les autres systèmes: le système représentatif que l’on connaît en france et dans beaucoup de pays a été usurpé et dévoyé par les plus privilégiés de la population, la corruption peut être endémique, et sans éducation les peuples sont manipulables à l’envi.

Par contre, un aspect essentiel est d’établir de véritables contre-pouvoirs (tribunal / parlement digne de ce nom, indépendance des médias, des moteurs de recherche web et des réseaux sociaux) et systèmes de contrôle. Car même un dictateur, si son action est contrôlée et son mandat conditionné à l’honnêteté, ne sera pas aussi nuisible qu’un pseudo président de la république -fromagère…

On peut par exemple, créer des comités citoyens, locaux ou nationaux, pour contrôler l’action des différents niveaux de pouvoir: préfectures, régions, départements, villes, ministères, établissements publics, entreprises dans lesquelles l’Etat est présent. Des comités qui demanderaient l’accès à tous les documents administratifs pour contrôler l’action publique.

Nous devons aussi très vite élaborer une constitution de transition, qui servira de base à des débats ultérieurs avec les citoyens, pour l’affiner. Parmi les Gilets Jaunes, beaucoup mènent un travail avec l’Assemblée des Assemblées pour réfléchir à une série de sujets qui touchent à la société, la politique, l’économie, la citoyenneté… Hélas, leurs travaux sont ralentis par les délires sécurito-sanitaires de macron et ses copains.

Un autre groupe, les Gilets Jaunes constituants, a plus ciblé certains problèmes structurels comme la franc-maçonnerie ou la dette, et rédigé son manifeste. Je renvoie vers le portail des Gilets Jaunes pour suivre l’actualité de certains de ces groupes.

Le mouvement des Gilets Jaunes évoluera, les gens vont tenir compte des forces et faiblesses du mouvement, et la prochaine vague sera plus puissante, plus pertinente et beaucoup plus rôdée que la première, partie la fleur au fusil affronter les robocop du Kim Jong Un de l’Elysée.

Le plus important dans un premier temps est de créer un espace pour pouvoir échanger, puisqu’on nous empêche de nous rencontrer et que les réseaux sociaux seront toujours plus censurés. Des plateformes alternatives existent comme Discord par exemple, ou Telegram, mais toutes ont leurs limites.

Dans un second temps il faut mettre en place des groupes locaux pour agir localement et s’organiser de manière solide afin de mener les actions nécessaires, tant en matière de solidarité que de lutte.

Cette constitution que nous devons concevoir peut intégrer des éléments sur :

  • Le système politique et “électoral”
  • Les contre-pouvoirs
  • Les impôts
  • Les droits fondamentaux et les devoirs
  • Les grands principes sur lesquels doit reposer la société
  • Et ce qu’on trouve important à ajouter pour se préserver des dérives et tentatives de coup d’état pour les années à venir.

Un tribunal indépendant du politique doit aussi être mis en place, avec des statuts qui permettent de mener de réelles enquêtes. Il faut rétablir le crime de haute trahison et l’adapter au contexte du coronavirus, puis appliquer les lois contre ceux qui font glisser ce pays vers la dictature et l’obscurantisme.

L’organisation locale, les comités citoyens

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Au-delà de ces aspects certes institutionnels mais essentiels si l’on veut se préparer à un éventuel changement de la situation, la clé de tout réseau, de toute structure, est un bon ancrage local. Et l’action se mène d’abord au niveau local.

On observe depuis quelques années que les revendications citoyennes, quelles qu’elles soient, se heurtent à des murs. Les gouvernements ne sont plus tenus par les élections, puisque le programme est le même quel que soit le parti vainqueur, et que cela profite toujours aux mêmes. C’est-à-dire les plus puissants, ceux qui jouent avec l’économie mondiale et avec les peuples comme s’ils n’étaient qu’à une partie de bowling. Le vote ne compte plus parce que les vraies décisions sont prises ailleurs que dans les pays.

Cependant, des actions locales ont essaimé et ont changé la réalité. Par exemple, le mouvement que j’appelle “des légumes” (notamment les Incroyables Comestibles) a essaimé, avec des groupes dans plein de villes qui se sont mis à planter des légumes en libre service, à remettre un peu de vert partout où ils le pouvaient. Au fil des ateliers, des conférences, des événements organisés avec d’autres groupes et associations, ils ont gagné les esprits et convaincu des élus.

Ce mouvement a contribué à la prise de conscience sur les problèmes de l’artificialisation de la terre, de l’autonomie alimentaire, à l’importance de la permaculture, il a aussi fait bouger les lignes et créé de nombreux liens entre les gens au niveau local et entre différents mouvements et collectifs.

Des comités ou collectifs locaux peuvent aller voir les voisins, organiser des événements, des actions de sensibilisation, pour parler, échanger, discuter, réfléchir. Il faut recréer les liens qui ont été coupés, diffuser l’information qui est censurée aujourd’hui et demain sera illégale.

Il faut fédérer, regrouper les énergies et les personnes qui veulent changer les choses, et se coordonner. Nous n’avons pas un temps long devant nous, il faut donc accélérer le mouvement même si beaucoup de nos concitoyens ne voient pas ce qu’il est en train de se passer.

Ces collectifs locaux doivent faire un diagnostic concerté de la situation, puis élaborer un plan d’actions avec des objectifs à atteindre. Que veut-on? Comment y parvenir? Quels leviers sont efficaces? Quels écueils faut-il éviter?

Il est aussi important, en prévision de la catastrophe économique et démocratique qui arrive, de créer des systèmes de solidarité.

En parallèle, l’objectif est de prendre part à la vie publique et politique en tant que citoyens. Et de créer les groupes “contrôle”, pour suivre l’action des pouvoirs politiques, particulièrement ceux qui sont liés à l’exécutif ou agissent au niveau national.

Les pistes d’action sont nombreuses, et nous avons des personnes compétentes dans la population. Beaucoup réfléchissent et agissent déjà, mais nous ne pouvons théoriquement plus nous coordonner. Mon impression est d’ailleurs que l’objectif premier des mesures “sanitaires” est de couper les liens sociaux pour empêcher toute organisation citoyenne. C’est aussi pour cela que la france est un des pays les plus restrictifs.

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On comprend que face à un état oppresseur, la seule limite est en nous. Quand cessons-nous d’accepter? Quand décidons-nous d’agir? A quel moment ne se considère-t-on plus obligé de suivre des lois qui nous paraissent de plus en plus aberrantes – sauf à devenir fou ou folle ?

Passé un certain stade de corruption manifeste, ça ne peut plus être l’Etat, même au nom d’un mythique “contrat social”, qui fixe nos propres limites. Nous sommes alors face à nous-mêmes, à mesurer les conséquences et les impacts de nos choix. Ou pas.

Il faut en tout cas rester connectés à nous-mêmes, à nos valeurs, aux souvenirs de ce qu’on aimait dans la vie d’avant. On ne reviendra probablement pas en arrière, mais nous n’avons que deux options aujourd’hui: soit les peuples perdent, et la défaite sera cuisante, soit ils gagnent et ce sera probablement une victoire assez amère parce qu’elle ne s’obtiendra pas facilement. Cette majorité DOIT réussir à s’entendre aujourd’hui au moins dans une certaine mesure.

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Le communiqué du 5 octobre 2020 sur le site d’infos zapatistes.

Le communqiué en français sur le site d’échos zapatistes en France.

Communiqué du Comité clandestin révolutionnaire indigène – Commandement général de l’Armée zapatiste de libération nationale – Mexique, 5 octobre 2020

Au Congrès national indigène – Conseil indigène de gouvernement,
À la Sexta nationale et internationale,
Aux réseaux de résistance et de rébellion,
Aux personnes honnêtes qui résistent dans tous les coins de la planète,

Sœurs, frères, sœurs-frères,
Compañeras, compañeros, compañeroas,

Nous, peuples originaires de racine maya et zapatistes, vous saluons et vous disons que ce qui est venu à notre pensée commune, d’après ce que nous voyons, entendons et sentons.

Un. Nous voyons et entendons un monde malade dans sa vie sociale, fragmenté en millions de personnes étrangères les unes aux autres, s’efforçant d’assurer leur survie individuelle, mais unies sous l’oppression d’un système prêt à tout pour étancher sa soif de profits, même alors qu’il est clair que son chemin va à l’encontre de l’existence de la planète Terre.

L’aberration du système et sa stupide défense du « progrès » et de la “modernité” volent en éclat devant une réalité criminelle : les féminicides. L’assassinat de femmes n’a ni couleur ni nationalité, il est mondial. S’il est absurde et déraisonnable que quelqu’un soit persécuté, séquestré, assassiné pour sa couleur de peau, sa race, sa culture, ses croyances, on ne peut pas croire que le fait d’être femme signifie une sentence de marginalisation et de mort.

En une escalade prévisible (harcèlement, violence physique, mutilation et assassinat), cautionnée par une impunité structurelle (“elle le méritait”, “elle avait des tatouages”, “qu’est-ce qu’elle faisait à cet endroit à cette heure-là ?”, “habillée comme ça, il fallait s’y attendre”), les assassinats de femmes n’ont aucune logique criminelle si ce n’est celle du système. De différentes strates sociales, d’âges qui vont de la petite enfance à la vieillesse et dans des géographies éloignées les unes des autres, le genre est la seule constante. Et le système est incapable d’expliquer pourquoi cela va de pair avec son « développement » et son “progrès”. Dans l’indignante statistique des morts, plus une société est “développée”, plus le nombre des victimes augmente dans cette authentique guerre de genre.

Et la “civilisation” semble dire aux peuples originaires : “La preuve de ton sous-développement, c’est ton faible taux de féminicides. Ayez vos mégaprojets, vos trains, vos centrales thermoélectriques, vos mines, vos barrages, vos centres commerciaux, vos magasins d’électroménager — avec chaîne de télé inclue —, et apprenez à consommer. Soyez comme nous. Pour payer la dette de cette aide progressiste, vos terres, vos eaux, vos cultures, vos dignités ne suffisent pas. Vous devez compléter avec la vie des femmes.”

Deux. Nous voyons et nous entendons la nature mortellement blessée, qui, dans son agonie, avertit l’humanité que le pire est encore à venir. Chaque catastrophe “naturelle” annonce la suivante et fait oublier, de façon opportune, que c’est l’action d’un système humain qui la provoque.

La mort et la destruction ne sont plus une chose lointaine, qui s’arrête aux frontières, qui respecte les douanes et les conventions internationales. La destruction dans n’importe quel coin du monde se répercute sur toute la planète.

Trois. Nous voyons et nous entendons les puissants se replier et se cacher dans les prétendus États nationaux et leurs murs. Et, dans cet impossible saut en arrière, ils font revivre des nationalismes fascistes, des chauvinismes ridicules et un charabia assourdissant. C’est là où nous apercevons les guerres à venir, celles qui s’alimentent d’histoires fausses, vides, mensongères et qui traduisent nationalités et races en suprématies qui s’imposeront par voie de mort et de destruction. Les différents pays vivent la bataille entre les contremaîtres et ceux qui aspirent à leur succéder, qui occulte le fait que le patron, le maître, le donneur d’ordre, est le même et n’a d’autre nationalité que celle de l’argent. Tandis que les organismes internationaux languissent et se convertissent en simples appellation, des pièces de musée… ou même pas.

Dans l’obscurité et la confusion qui précèdent ces guerres, nous entendons et nous voyons l’attaque, l’encerclement et la persécution de toute lueur de créativité, d’intelligence et de rationalité. Face à la pensée critique, les puissants demandent, exigent et imposent leurs fanatismes. La mort qu’ils sèment, cultivent et récoltent n’est pas seulement la mort physique ; elle inclut aussi l’extinction de l’universalité de l’humanité elle-même — l’intelligence —, ses avancées et ses succès. De nouveaux courants ésotériques, laïcs ou non, déguisés en modes intellectuelles ou en pseudosciences renaissent ou sont créés ; et on prétend soumettre les arts et les sciences à des militantismes politiques.

Quatre. La pandémie du Covid 19 a non seulement montré les vulnérabilités de l’être humain, mais aussi la cupidité et la stupidité des différents gouvernements nationaux et de leurs supposées oppositions. Des mesures du plus élémentaire bon sens ont été sous-estimées, le pari étant toujours que la pandémie allait être de courte durée. Quand la présence de la maladie s’est prolongée de plus en plus, les chiffres ont commencé à se substituer aux tragédies. La mort s’est ainsi convertie en un nombre qui se perd quotidiennement parmi les scandales et les déclarations. Une sinistre comparaison entre nationalismes ridicules. Le pourcentage de strikes et de home runs qui détermine quelle équipe de base-ball, ou quelle nation, est meilleure ou pire.

Comme il a été précisé dans l’un des textes précédents, au sein du zapatisme nous optons pour la prévention et l’application de mesures sanitaires qui, en leur temps, ont fait l’objet de consultation avec des scientifiques femmes et hommes qui nous ont orientés et nous ont offert leur aide sans hésiter. Nous, peuples zapatistes, leur en sommes reconnaissants et nous avons voulu le montrer. À six mois de la mise en œuvre de ces mesures (masques ou leur équivalent, distance entre personnes, arrêt des contacts personnels directs avec des zones urbaines, quarantaine de quinze jours pour qui a pu être en contact avec des personnes infectées, lavages fréquent à l’eau et au savon), nous déplorons le décès de trois compagnons qui ont présenté deux symptômes ou plus associés au Covid 19 et qui ont été en contact direct avec des personnes infectées.

Huit autres compañeros et une compañera, qui sont morts durant cette période, ont présenté un des symptômes. Comme nous n’avons pas la possibilité de faire des tests, nous présumons que la totalité des douze compañeras sont morts du dit coronavirus (des scientifiques nous ont recommandé de supposer que tout problème respiratoire serait dû au Covid 19). Ces douze disparitions sont de notre responsabilité. Ce n’est ni la faute de la 4T [2] ou de l’opposition, des néolibéraux ou des néoconservateurs, des chairos ou des fifis [3], de conspirations ou de complots. Nous pensons que nous aurions dû prendre encore plus de précautions.

À l’heure actuelle, du fait de la disparition de ces douze compañeras, nous avons amélioré dans toutes les communautés les mesures de prévention, maintenant avec le soutien d’organisations non gouvernementales et de scientifiques qui, à titre individuel ou en tant que collectif, nous orientent sur la façon d’affronter plus fermement une possible nouvelle vague. Des dizaines de milliers de masques (conçus spécialement pour éviter qu’un probable porteur ne contamine d’autres personnes, peu coûteux, réutilisables et adaptés aux circonstances) ont été distribués dans toutes les communautés. D’autres dizaines de milliers sont produits dans les ateliers de broderie et de couture des insurgé·e·s et dans les villages. L’usage massif de masques, les quarantaines de deux semaines pour qui pourrait avoir été infecté, la distance et le lavage régulier des mains et du visage à l’eau et au savon, et la limitation autant que possible des déplacements dans les villes sont les mesures recommandées y compris aux frères et sœurs des partis pour stopper l’expansion des contagions et permettre de maintenir la vie communautaire.

Le détail de ce qu’a été et est notre stratégie pourra être consulté en temps voulu. Pour le moment nous disons, avec la vie qui palpite dans nos corps, que selon notre évaluation (sur laquelle probablement nous pouvons nous tromper), le fait d’affronter la menace en tant que communauté, et non comme un problème individuel, et de faire porter notre effort principal sur la prévention nous permet de dire, en tant que peuples zapatistes : nous sommes là, nous résistons, nous vivons, nous luttons.

Et maintenant, dans le monde entier, le grand capital veut que les personnes retournent dans les rues pour assumer à nouveau leur condition de consommateurs. Parce que qui le préoccupe, ce sont les problèmes du Marché : la léthargie de la consommation de marchandises.

Il faut reprendre les rues, oui, mais pour lutter. Parce que, nous l’avons dit auparavant, la vie, la lutte pour la vie, n’est pas une question individuelle, mais collective. On voit maintenant que ce n’est pas non plus une question de nationalités, elle est mondiale.


Nous voyons et entendons bien des choses à ce sujet. Et nous y pensons beaucoup. Mais pas seulement…

Cinq. Nous entendons et voyons aussi les résistances et les rébellions qui, même réduites au silence ou oubliées, n’en sont pas moins des clefs, des pistes d’une humanité qui se refuse à suivre le système dans sa marche précipitée vers l’effondrement : le train mortel du progrès qui avance, arrogant et impeccable, vers le gouffre. Tandis que le chauffeur oublie qu’il n’est qu’un employé parmi d’autres et croit, ingénument, que c’est lui qui décide de la route à suivre, alors qu’il ne fait que suivre la prison des rails vers l’abîme.

Résistances et rébellions qui, sans oublier les pleurs dus aux disparus, s’efforcent de lutter pour ce qu’il y a de plus subversif — qui le dirait — dans ces mondes divisés entre néolibéraux et néoconservateurs : la vie.

Rébellions et résistances qui comprennent, chacune selon sa façon, son temps et sa géographie, que les solutions ne se trouvent pas dans la foi en les gouvernements nationaux, qu’elles ne se génèrent pas à l’abri des frontières et ne revêtent ni drapeaux ni langues différentes.

Résistances et rébellions qui nous apprennent à nous, femmes, hommes, femmes-hommes zapatistes, que les solutions pourraient se trouver en bas, dans les sous-sols et les recoins du monde. Et non dans les palais gouvernementaux. Et non dans les bureaux des grandes corporations.

Résistances et rébellions qui nous montrent que, si ceux d’en haut rompent les ponts et ferment les frontières, il nous reste à naviguer sur les fleuves et les mers pour nous rencontrer. Que le remède, s’il y en a un, est mondial, et qu’il a la couleur de la terre, du travail qui vit et meurt dans les rues et les quartiers, dans les mers et les cieux, dans les montagnes et dans leurs entrailles. Que, comme le maïs originaire, ses couleurs, ses tonalités et ses sons sont multiples.


Nous voyons et nous entendons tout cela, et plus. Et nous nous voyons et nous nous entendons tels que ce que nous sommes : un nombre qui ne compte pas. Parce que la vie n’importe pas, ne fait pas vendre, elle n’est pas une nouvelle, elle ne tient pas dans les statistiques, ne se compare pas dans les enquêtes, n’est pas évaluée dans les réseaux sociaux, ne provoque pas, ne représente pas un capital politique, le drapeau d’un parti, un scandale à la mode. À qui importe qu’un petit, un tout petit groupe de gens originaires, d’indigènes, vive, c’est-à-dire lutte ?

Parce qu’il s’avère que nous vivons. Que malgré les paramilitaires, les pandémies, les mégaprojets, les mensonges, les calomnies et les oublis, nous vivons. C’est-à-dire nous luttons.

Et c’est à quoi nous pensons : nous continuons à lutter. C’est-à-dire nous continuons à vivre. Et nous pensons que, durant toutes ces années, nous avons reçu l’embrassade fraternelle de personnes de notre pays et du monde entier. Et nous pensons que, si ici la vie résiste et, non sans difficultés, fleurit, c’est grâce à ces personnes qui ont affronté les distances, formalités, frontières et différences de cultures et de langues. Grâce à elles, eux, elles-eux — mais surtout à elles —, qui ont bravé et vaincu les calendriers et les géographies.

Dans les montagnes du Sud-Est mexicain, tous les mondes du monde ont trouvé, et trouvent, une écoute dans nos cœurs. Leur parole et leur action ont été l’aliment pour la résistance et la rébellion, qui ne sont autres que la continuation de celles de nos prédécesseurs.

Des personnes suivant la voie des sciences et des arts ont trouvé le moyen de nous embrasser et nous encourager, même si c’était à distance. Des journalistes, fifis ou non, qui ont relaté la misère et la mort d’avant, la dignité et la vie de toujours. Des personnes de toutes les professions et métiers qui, beaucoup pour nous, peut-être un peu pour elles-eux, ont été là, sont là.

Et nous pensons à tout cela dans notre cœur collectif, et il est venu à notre pensée qu’il est grand temps que nous, femmes, hommes, femmes-hommes zapatistes, répondions à l’écoute, la parole et la présence de ces mondes. Ceux proches et ceux lointains dans la géographie.

Six. Et nous avons décidé ceci :
Qu’il est temps à nouveau que les cœurs dansent, et que leur musique et leurs pas ne soient pas ceux de la lamentation et de la résignation.
Que diverses délégations zapatistes, hommes, femmes et femmes-hommes de la couleur de notre terre, iront parcourir le monde, chemineront ou navigueront jusqu’à des terres, des mers et des cieux éloignés, cherchant non la différence, non la supériorité, non la confrontation, et moins encore le pardon et la compassion.

Nous irons à la rencontre de ce qui nous rend égaux.

Non seulement l’humanité qui anime nos peaux différentes, nos façons distinctes, nos langues et couleurs diverses. Mais aussi, et surtout, le rêve commun que nous partageons en tant qu’espèce depuis que, dans l’Afrique qui pourrait sembler lointaine, nous nous sommes mis en marche depuis le giron de la première femme : la recherche de la liberté qui a impulsé ce premier pas… et qui est toujours en marche.

Que la première destination de ce voyage planétaire sera le continent européen.

Que nous naviguerons vers les terres européennes. Que nous partirons et que nous appareillerons depuis les terres mexicaines, au mois d’avril de l’année 2021.

Qu’après avoir parcouru différents recoins de l’Europe d’en bas et à gauche, nous arriverons à Madrid, la capitale espagnole, le 13 aout 2021 — cinq cents ans après la prétendue conquête de ce qui est aujourd’hui Mexico. Et que, tout de suite après, nous reprendrons la route.

Que nous parlerons au peuple espagnol. Non pas pour menacer, reprocher, insulter ou exiger. Non pas pour exiger qu’il nous demande pardon. Non pas pour les servir ni pour nous servir.
Nous irons dire au peuple d’Espagne deux choses simples :

Un. Qu’ils ne nous ont pas conquis. Que nous sommes toujours en résistance et en rébellion.

Deux. Qu’ils n’ont pas à demander qu’on leur pardonne quoi que ce soit. Ça suffit de jouer avec le passé lointain pour justifier, de façon démagogique et hypocrite, les crimes actuels et qui continuent : l’assassinat de lutteurs sociaux, comme le frère Samir Flores Soberanes, les génocides que cachent des mégaprojets conçus et réalisés pour contenter le puissant — celui-là même qui sévit dans tous les coins de la planète —, l’encouragement par le financement et l’impunité des paramilitaires, l’achat des consciences et des dignités pour trente deniers.

Nous, hommes, femmes, femmes-hommes zapatistes, nous NE voulons PAS revenir à ce passé, ni seuls ni encore moins en compagnie de qui veut semer la rancœur raciale et prétend alimenter son nationalisme réchauffé avec la supposée splendeur d’un empire, celui des Aztèques, qui a crû au prix du sang de leurs semblables, et qui veut nous convaincre qu’avec la chute de cet empire nous, peuples originaires de ces terres, avons été vaincus.

Ni l’État espagnol ni l’Église catholique n’ont à nous demander pardon de quoi que ce soit. Nous ne nous ferons pas l’écho des charlatans qui se valent de notre sang et ainsi cachent que leurs mains en sont tachées.

De quoi l’Espagne va-t-elle nous demander pardon ? D’avoir enfanter Cervantès ? José Espronceda ? León Felipe ? Federico García Lorca ? Manuel Vázquez Montalbán ? Miguel Hernández ? Pedro Salinas ? Antonio Machado ? Lope de Vega ? Bécquer ? Almudena Grandes ? Panchito Varona, Ana Belén, Sabina, Serrat, Ibañez, Llach, Amparanoia, Miguel Ríos, Paco de Lucía, Victor Manuel, Aute toujours ? Buñuel, Almodóvar et Agrado, Saura, Fernán Gómez, Fernando León, Bardem ? Dalí, Miró, Goya, Picasso, Le Greco et Velázquez ? Une des meilleures parts de la pensée critique mondiale, sous le sceau du Ⓐ libertaire ? L’exil ? Le frère maya Gonzalo Guerrero ?

De quoi va nous demander pardon l’Église catholique ? De la venue de Bartolomé de las Casas ? De don Samuel Ruiz García ? D’Arturo Lona ? De Sergio Méndez Arceo ? De la sœur Chapis ? Des présences des prêtres, sœurs religieuses et séculaires qui ont cheminé au côté des peuples originaires sans les diriger ni les supplanter ? De ceux qui risquent leur liberté et leur vie pour défendre les droits humains ?


En l’année 2021 il y aura vingt ans de la Marche de la couleur de la terre, celle que nous avons réalisée avec les peuples frères du Congrès national indigène pour exiger une place dans cette nation qui maintenant est en train de s’effondrer.

Vingt ans après nous naviguerons et marcherons pour dire à la planète que, dans le monde que nous sentons dans notre cœur collectif, il y a de la place pour toutes, tous, tou·te·s. Purement et simplement parce que ce monde n’est possible que si toutes, tous, tou·te·s, nous luttons pour le construire.

Les délégations zapatistes seront conformées en majorité de femmes. Non seulement parce qu’elles veulent ainsi rendre l’embrassade qu’elles ont reçue dans les rencontres internationales précédentes. Mais aussi, et surtout, pour que nous, hommes zapatistes, manifestions clairement que nous sommes ce que nous sommes, et que nous ne sommes pas ce que nous ne sommes pas, grâce à elles, à cause d’elles et avec elles.

Nous invitons le CNI-CIG à former une délégation pour nous accompagner et qu’ainsi notre parole soit plus riche pour l’autre qui lutte au loin. Nous invitons en particulier une délégation des peuples qui portent haut le nom, l’image et le sang du frère Samir Flores Soberanes, pour que leur douleur, leur rage, leur lutte et leur résistance parvienne plus loin.

Nous invitons ceux qui ont pour vocation, engagement et horizon les arts et les sciences à accompagner, à distance, nos navigations et notre marche. Et qu’ainsi ils nous aident à diffuser ce qu’en ceux-ci, les sciences et les arts, contient la possibilité non seulement de la survie de l’humanité, mais aussi celle d’un monde nouveau.

En résumé : nous partons pour l’Europe au mois d’avril de l’année 2021. La date et l’heure ? Nous ne le savons pas… encore.


Compañeras, compañeros, compañeroas,
Sœurs, frères et sœurs-frères,

Ceci est notre détermination :

Face aux trains puissants, nos canots.

Face aux centrales thermoélectriques, les petites lumières que nous, femmes zapatistes, avons données à garder aux femmes qui luttent dans le monde entier.

Face aux murs et frontières, notre navigation collective.

Face au grand capital, une parcelle de maïs en commun.

Face à la destruction de la planète, une montagne naviguant au point du jour.

Nous sommes zapatistes et porteur·se·s du virus de la résistance et de la rébellion. En tant que tels, nous irons dans les cinq continents.

C’est tout… pour l’instant.

Depuis les montagnes du Sud-Est mexicain.
Au nom des femmes, des hommes et des autres zapatistes.
Sous-commandant insurgé Moisés
Mexique, octobre 2020.


P-S : Oui, c’est la sixième partie et, comme le voyage, elle continuera en sens inverse. C’est-à-dire que la suivra la cinquième partie, puis la quatrième, ensuite la troisième, elle continuera avec la deuxième et finira avec la première.

Traduit de l’espagnol (Mexique) par Joani Hocquenghem

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