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Des utilisateurs de Google bloqués après 15 ans d’utilisation


Plusieurs personnes se sont vues interdire l’accès à leur compte Google pour avoir prétendument enfreint les conditions d’utilisation des services de l’entreprise. Beaucoup ont fait appel de ces suspensions, mais ont reçu des réponses automatisées. L’entreprise n’a fourni aucune explication plausible sur ces bannissements pour l’instant.

C’est une situation qui empêche de nombreuses personnes d’accéder à leurs courriels importants, données hébergées sur les différents services de Google, leur compte développeur, etc., ou encore à des services tiers sur lesquels ils sont enregistrés avec leur compte Google. À ce jour, Google n’a envoyé une réponse explicite à aucune victime pour lui expliquer quelles étaient les règles d’utilisation qu’elle a violées.

Des comptes d’utilisateur supprimés sans aucune explication notable

En fouillant un peu sur le Net, on se rend vite compte que ces dénonciations ne datent pas d’aujourd’hui. Sur le site d’aide aux utilisateurs de Google, on peut par exemple lire une plainte formulée en avril 2020 par un utilisateur dont le compte a été verrouillé par Google fin mars. Vikhyat Srivastava, le plaignant, dit avoir été bloqué par Google après 15 années d’utilisation, et ce, sans aucune réponse plausible. Lorsqu’il a cherché à en savoir plus, il a reçu comme réponse qu’il avait violée les conditions générales de Google. Il assure cependant qu’il est sûr ne pas avoir commis cette faute.

En effet, Srivastava a déclaré qu’il ne faisait que des activités de base avec son compte Google, par exemple, envoyer des courriers électroniques, regarder des vidéos sur YouTube, télécharger des vidéos, synchroniser les données du téléphone avec Drive et accéder à des applications tierces avec Google CRED, etc. Dans sa plainte, il avait déclaré avoir des données très importantes dans son compte, notamment des courriels professionnels, financiers et autres très importants, des images et des vidéos de famille, des notes, des conversations importantes. Ses demandes d’explication ont toujours donné la même réponse.

Le cas de Srivastava est loin d’être un cas isolé. Plus récemment, d’autres plaintes d’utilisateurs bloqués par Google sont également apparues sur Twitter. C’est le cas par exemple de Cleroth, un développeur de jeux qui a demandé à ne pas utiliser son vrai nom. Celui-ci a déclaré qu’il s’est réveillé un jour et a vu un message indiquant que tous ses comptes Google étaient désactivés en raison d’une « grave violation des règles de Google ».


Sa première réaction a été de se dire que quelque chose avait dû mal fonctionner sur son téléphone. Puis il s’est rendu sur son ordinateur et a ouvert Chrome, le navigateur Internet de Google. Mais il était déjà déconnecté.

Dans une deuxième tentative, il a essayé d’accéder à Gmail, son principal compte de messagerie, mais il était également verrouillé. « Tout avait été déconnecté », a-t-il dit à Business Insider la semaine dernière. Il avait le choix entre essayer de récupérer ses données ou de faire appel, il a décidé de faire appel de l’interdiction.

Cela dit, il ne recevra pas une réponse différente de celle donnée à Srivastava il y a quelques mois de cela. Il a reçu un courriel quelques heures plus tard disant que Google avait déterminé qu’il avait enfreint ses conditions de service et que son compte ne serait pas rétabli.

Dans son cas également, l’entreprise n’avait pas expliqué exactement ce qui s’était passé. Cleroth fait partie des personnes qui ont vu leur compte suspendu au cours des derniers jours et semaines. D’autres personnes ont aussi publié un article sur l’impact de l’exclusion de la société qui gère la plupart des services que nous utilisons au quotidien. « J’utilise un compte Google à des fins personnelles et professionnelles depuis des années maintenant. Il contenait des tonnes de données de toutes sortes », a déclaré Stephen Roughley, un développeur de logiciels de Birkenhead, au Royaume-Uni.

« Un jour, quand je suis allé l’utiliser, j’ai découvert que je ne pouvais pas me connecter ». Roughley a vérifié son compte de messagerie de secours et y a trouvé un message l’informant que son compte principal avait été résilié pour violation des conditions de service. « Cela suggérait que j’avais reçu un avertissement et j’ai cherché et cherché, mais je n’ai rien trouvé », a ajouté Roughley. « J’ai ensuite suivi le lien pour récupérer mon compte, mais j’ai reçu un message indiquant que mon compte était irrécupérable ». Dans son cas également, le bannissement a occasionné la perte d’importantes données personnelles et professionnelles.

Roughley a perdu des données, notamment des courriels, des photos, des documents et des diagrammes qu’il avait développés pour son travail. « Mon compte et toutes ses données ont disparu », a-t-il déclaré.

Dans un tweet le 12 octobre, une employée de Google a déclaré avec exaspération que le compte de son mari avait été verrouillé et qu’il ne pourrait plus y accéder. Dans le fil de la discussion, d’autres ont déclaré qu’ils n’avaient plus le droit d’utiliser les services de Microsoft, tandis que la perte de l’accès aux comptes Facebook peut être tout aussi dommageable. Dans le cas de Facebook, ce problème est devenu plus récurrent depuis que la société a décidé d’assujettir l’utilisation de son casque de réalité virtuelle Oculus à la création d’un compte Facebook.

Les défis grandissants de la sauvegarde de données dans le cloud

Ces expériences mettent en lumière les défis de la vie en ligne. En effet, de plus en plus de plateformes Web permettant la sauvegarde de données personnelles et professionnelles sont apparues depuis le début du 21e siècle. Bien que cela soit d’un grand avantage pour les utilisateurs, notamment celui de pouvoir accéder à ses données de n’importe quel périphérique connecté à Internet, cela pose de grands défis.

Outre les préoccupations liées au respect de la vie privée, la sécurité des données dans le cloud, etc., nous sommes, d’une manière ou d’une autre, soumis aux lois des entreprises qui offrent ces services en ligne.


Alors, ces dernières sont en mesure d’interdire l’accès à leurs plateformes quand cela leur chante, pratiquer des prix qui ne répondent à aucun encadrement, exiger des commissions qui peuvent parfois les mettre en situation de monopole et donner lieu à un climat anticoncurrentiel, etc.


Le problème devient plus inquiétant lorsqu’on remarque que l’Internet moderne encourage à mettre de plus en plus sa vie en ligne.

Aujourd’hui, l’on peut par exemple s’enregistrer dans un restaurant ou pour la visite d’un musée via Internet, se fier à Google pour être guidé vers des hôtels où l’on prend des photos qu’on publie ensuite sur Facebook et Instagram, etc.

Il ne reste pas grand-chose dans notre vie que les grandes technologies ne touchent pas.

L’on traite ses courriels professionnels par l’intermédiaire de Gmail, et l’on fait confiance à Skype (propriété de Microsoft) pour gérer ses appels vidéo avec sa famille et ses amis. Ainsi, lorsqu’il arrive que l’on perde l’accès à des services clés comme Gmail ou lorsqu’ils tombent en panne, l’on se retrouve apathiques. Et dans des circonstances extrêmes, lorsqu’on est expulsés de l’accès aux services par des interdictions, l’impact devient encore plus dévastateur.

Il suffit de regarder ce que Cleroth a perdu pour avoir une idée du type de données que nous cédons aux grandes entreprises technologiques.

Dans le cas d’un développeur lambda par exemple, il pourrait perdre bien plus que des courriels importants. Cela pourrait inclure des licences de logiciels, car un grand nombre de licences de logiciels sont aujourd’hui livrées par mail, en particulier des systèmes d’exploitation et les logiciels audio qui sont très chers.


« J’ai des produits de plus de deux douzaines de sociétés différentes, il est donc probable que j’en ai perdu une bonne partie, étant donné que je n’ai pas non plus accès au courrier électronique avec lequel ils ont été enregistrés », a déclaré Cleroth. Il tente toujours de récupérer quelques-unes de ses données.

Ce dernier a également perdu l’accès aux services tiers sur lesquels il est enregistré avec son compte Google.

Si ces services sont payants, alors il vient de perdre son investissement, sans savoir exactement ce qu’il a fait de mal.

« C’est exactement ce qu’on vit quand on a affaire à une entreprise sans visage qui pèse 1000 milliards de dollars », a déclaré Aral Balkan, un activiste de longue date contre la gestion des données par les grandes entreprises technologiques.

« Ce n’est qu’une des raisons pour lesquelles il est si important pour nous de financer et de développer de petites technologies à échelle humaine comme alternative aux grandes technologies qui nous lient à la vie », a-t-il ajouté.

Source : https://www.anguillesousroche.com/


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